Le Panel Taux intègre un statu quo de la BCE

le 04/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les panélistes ne croient plus que la banque poussera plus loin l'assouplissement monétaire

La force de l’euro, à 1,36 face au dollar vendredi, inquiète. Illustration L'Agefi.

Les membres du Panel Taux pensent que la Banque centrale européenne (BCE) ne changera pas sa politique ce jeudi ni dans les six mois. Pourtant, le mois dernier, la plupart des panélistes s’attendaient à une baisse du taux de refi de 25 points de base, à 0,50% dans les mois à venir. Le discours de Mario Draghi sur l’amélioration des conditions financières et économiques les a fait changer d'avis. Tous les indicateurs sont cependant loin d'être passés au vert et la force de l’euro - à 1,36 face au dollar vendredi - peut inquiéter.

Depuis le mois dernier, pas moins de six membres du panel ont revu leurs prévisions de taux à la hausse. Amundi, Barclays Capital, Deutsche Bank, Groupama AM, Lazard Frères Gestion et Nomura qui pariaient début janvier sur un taux de refinancement à 0,50% dans les trois mois estiment désormais que la BCE devrait laisser le taux inchangé à 0,75%. Ils sont 15 panélistes sur 21 à faire désormais ce pari. La banque centrale ne devrait pas être beaucoup plus accommodante à six mois : la prévision médiane pour le taux directeur est repassée à 0,75% contre 0,50% en janvier.

Ce changement peut s’expliquer par la tonalité plus optimiste de la dernière conférence de presse de la BCE. Alors qu’une baisse des taux avait été débattue au sein du conseil des gouverneurs en décembre, le statu quo a fait l’unanimité en janvier et le président de l’institution d’émission, Mario Draghi, a insisté sur l’amélioration des conditions financières. Celle-ci a persisté depuis début janvier : les marchés actions ont continué leur progression et les taux souverains restent très contenus. Le Portugal a même réussi son retour sur les marchés en émettant à cinq ans après presque deux ans d’absence.

Par ailleurs, les banques ont remboursé une part beaucoup plus importante que prévu de leur emprunt à trois ans à la BCE (LTRO). Elles s’acquitteront de 3,5 milliards d’euros cette semaine après avoir déjà rendu 137,2 milliards d’euros la semaine dernière. Au total, la baisse de la liquidité excédentaire est de 141 milliards d'euros, soulignent les analystes de Crédit Agricole CIB. Cependant, l’Eonia reste très bas à 0,08% vendredi dernier tout comme l’Euribor trois mois, à 0,234%.

Certains signaux sont aussi moins négatifs du côté de l’économie réelle: les indices PMI de l’activité dans l’industrie et les services témoignent d’un ralentissement du rythme de la récession dans la zone euro en début d’année. Cependant, la France semble décrocher face à son voisin allemand et le crédit reste gelé.

Mario Draghi devrait donc rester prudent lors de sa conférence. D’autant que des propos plus positifs de sa part pourraient conforter l’envolée de l’euro, souligne l’économiste d’UniCredit, Nikolaus Keis.

La parité euro/dollar est passée au-dessus de 1,36 vendredi dernier contre 1,20 en juillet dernier et 1,48 en mars 2011. «Un euro plus fort n’est pas bienvenu pour une économie qui tente de se relever. Plus l’euro monte, plus la pression politique sur Mario Draghi va être soutenue», écrit Paul Mortimer-Lee, économiste chez BNP Paribas. Les panélistes ne parient cependant pas sur une remontée durable de la monnaie unique. Leur prévision moyenne pour la parité euro/dollar est passée à 1,33 à trois mois (contre 1,30 le mois dernier) mais elle retombe à 1,31 à six mois (contre 1,29).

PANEL MENSUEL TAUX
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La force de l’euro, à 1,36 face au dollar vendredi, inquiète. Illustration L'Agefi.
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La force de l’euro, à 1,36 face au dollar vendredi, inquiète. Illustration L'Agefi.

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