Imperturbable, Amundi poursuit son développement en Asie

le 04/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Tandis que son actionnaire principal passe ses comptes à la paille de fer, le gérant d’actifs maintient son cap sans réductions de coûts

Rien n’est venu gâcher la fête. Yves Perrier, directeur général d’Amundi, a célébré la semaine dernière à Hong Kong les 30 ans d’activité de la gestion d’actifs commune à Crédit Agricole SA (CASA, 75 %) et Société Générale ; présenté la nouvelle équipe dirigeante locale; annoncé l’ouverture d’une filiale de distribution à Taiwan; glissé qu’il envisageait pareille présence en Thaïlande, et s’est envolé pour Singapour. Pour lui, l’Asie doit avoir «le dispositif le plus complet» afin d’y porter son montant d’actifs distribués «d’environ 70 milliards de dollars, dont 30 milliards au Japon, à 100 milliards sous trois à cinq ans».

A même horizon, son objectif est d’atteindre globalement 1.000 milliards d’euros d’actifs sous gestion, contre 700 milliards actuellement. Pour cela, la diversification géographique est nécessaire, et les investissements possibles. «Pour la première fois, il n’y aura pas de baisse des coûts en 2013», précise le patron d’Amundi. Voilà qui contraste avec la situation de CASA, qui a fait part vendredi de la finalisation de la cession d'Emporiki en Grèce, et a annoncé des dépréciations qui auront un impact négatif d’environ 3,8 milliards d’euros sur le résultat du dernier trimestre 2012, après une perte nette de 2,5 milliards d'euros sur les trois premiers. Le fait est qu’en gestion d’actifs, les goodwills, qui s’élèvent à 2,05 milliards d’euros, n’ont pas été affectés.

Ses équipes doivent donc tenir la ligne, industrialisation et innovation se servant l’une l’autre pour assurer le développement. Pour Xiaofeng Zhong, nouveau directeur général d’Amundi Hong Kong et d’Asie du Nord hors Japon, en remplacement de Thierry Mequillet désormais responsable des co-entreprises de la région (Corée, Inde, Chine), l’objectif est double: «devenir le centre d’expertise actions asiatiques du groupe», aux côtés de Tokyo pour les actions japonaises et Singapour pour la stratégie obligataire, et «développer la distribution», explique cet ancien managing director de Crédit Agricole CIB.

«Notre portefeuille est constitué à 85 % d’institutionnels: nous devons consolider nos positions auprès d’eux, précise-t-il dans un français raffiné. Nous devons aussi enregistrer les principaux fonds d’Amundi pour les proposer aux banques privées, réseaux et assureurs afin d’élargir notre base de clientèle.» Hong Kong gère aujourd’hui 3,7 milliards de dollars et en distribue 8 milliards.

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