La gestion collective française peine à rebondir

le 31/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'Agefi dévoile en exclusivité le bilan 2012 de la gestion collective établi par EuroPerformance

Illustration: Patrice Alby/Agefi

Après avoir touché le fond en 2011, la gestion d’actifs tricolore n’a que partiellement comblé l’écart avec son niveau d’avant la crise. Les encours des fonds ouverts de droit français ont progressé de 4,5% l’an dernier pour atteindre 763 milliards d’euros fin décembre, mais ils restent inférieurs de 27% au pic de 2007, révèle le bilan 2012 de la gestion collective réalisé par EuroPerformance – a Six Company et livré en exclusivité par L'Agefi. La reprise des marchés a atténué l’impact de la décollecte, qui atteint 13,3 milliards d’euros.

Pour les produits français, «cette nouvelle décollecte, la cinquième au cours de ces six dernières années, ressort extrêmement limitée en comparaison du niveau record de -83 milliards d’euros atteint par les rachats [en 2011]», explique Alexandre Cassan, l’auteur de l’étude. Les plus gros collecteurs ont été Amundi (6,5 milliards nets) chez les filiales de banque, Groupama AM (1,8 milliard) chez les assureurs, et Carmignac Gestion (2,5 milliards) chez les indépendants.

En 2012, la collecte s’est surtout portée sur les fonds obligataires (9% des encours totaux) et, surprise, sur les produits de trésorerie qui représentent 44 % du stock, une spécificité française. Les produits actions (23% des actifs) ont été en revanche désavoués, avec 14 milliards d’euros de sorties (voir le graphique). Les produits de performance absolue, garantis ou à formule ont été également pénalisés. «La tenue à l’écart des classes d’actifs les plus risquées marque une profonde divergence entre les performances réalisées et les choix d’allocation des investisseurs», relève EuroPerformance. Pour autant, du fait de l’appréciation de leur valorisation, sept classes d’actifs sur dix ont vu leurs encours progresser. Des résultats «à l’opposé de ceux enregistrés [en 2011] où toutes les classes d’actifs avaient enregistré un net repli de leurs encours».

Du côté des véhicules d’investissement, «pour la quatrième année consécutive, le marché des fonds de droit français reste caractérisé par une réduction nette du nombre d’OPVCM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières, ndlr)», affirme EuroPerformance qui en dénombre 5.493 (-321). Cette tendance est cette année accentuée par la très nette réduction du nombre de créations de fonds, tandis que les clôtures ont quelque peu rebondi». La rationalisation des gammes touche surtout les filiales de banques et les fonds actions.

Ces indicateurs montrent «la perte du dynamisme du marché français depuis deux à trois ans, en comparaison d’autres grands marchés de fonds Ucits tels le Luxembourg et l’Irlande, mais aussi le Royaume-Uni et la Suisse», juge l’étude. Face à la difficulté de capter l’épargne des ménages via les OPCVM, les mandats gérés pour des clients institutionnels ne prennent pas le relais. Leurs encours ont progressé de seulement 2,5 % l’an dernier, selon les estimations de l’Association française de gestion financière (AFG).

Les sociétés étrangères profitent de la situation. Ainsi en 2012, «le nombre de fonds étrangers autorisés à la commercialisation en France enregistre une progression remarquable de 15%», pointe EuroPerformance. Les gestionnaires tricolores n’ont plus qu’à les imiter. Selon l’AFG, les fonds de droit étranger gérés en France atteindraient déjà 205 milliards d’euros d’actifs.

L’intégralité de l’étude est disponible sur le site europerformance.fr

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