La France décroche du reste de la zone euro

le 25/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les indices des directeurs d'achats laissent craindre une aggravation de la contraction dans l'Hexagone

PMI : L'activité économique française décroche. Illustration L'Agefi.

La récession économique dans laquelle est plongée la zone euro semble ralentir en janvier, selon les indices PMI flash publiés par Markit hier. Une reprise pourrait se matérialiser au premier trimestre mais les divergences au sein de la zone monétaire sont frappantes. D’un côté, le secteur privé en Allemagne affiche sa plus forte croissance depuis un an, tirée par le dynamisme des services. De l’autre, les entreprises françaises n’ont pas connu une telle contraction de leur activité depuis mars 2009.

En janvier, l’indice PMI Flash Composite de l’activité globale dans la zone euro est de 48,2. L’indicateur témoigne toujours d’une contraction de l’activité mais celle-ci est moins profonde qu’en décembre dernier (47,2) et représente un point haut depuis près d’un an. Il en va de même pour le secteur des services dont l’indice flash est de 48,3 (contre 47,8 en décembre). L’indice de l’industrie manufacturière reste plus déprimé mais s’améliore aussi (47,5 contre 46,1).

Selon toute probabilité, les chiffres officiels pour le dernier trimestre 2012 confirmeront l’accélération de la contraction. Ce qui n’empêche pas le chef économiste de Markit de voir «un retour de la croissance se profiler pour le premier trimestre 2013». Il s’empresse d’ajouter que «des signes inquiétants de faiblesse persistent néanmoins. En effet, les suppressions d’emplois s’accélèrent en janvier, le climat d’incertitude pesant sur les perspectives économiques incitant les entreprises à limiter leurs coûts».

L’Allemagne tire son épingle du jeu. L’activité du secteur privé qui était stable en décembre augmente avec un indice flash composite à 53,6 (contre 50,3). C’est un plus haut depuis un an. Cette performance s’explique par la relative bonne santé du secteur des services (55,3 contre 52) alors que l’industrie manufacturière fonctionne toujours au ralenti (48,8 contre 46).

La situation de la France en janvier est préoccupante à côté de celle de son voisin. «Les différences en termes de situation budgétaire, marché du travail et compétitivité, deviennent de plus en plus évidentes dans les chiffres», souligne Kenneth Wattret chez BNP Paribas. L’indice d’activité globale se replie à 42,7 en janvier. Non seulement, il décroche par rapport au mois de décembre (44,6) mais la contraction économique n’a jamais été aussi violente depuis près de quatre ans. Ce sont les fabricants qui souffrent le plus (à 42,9 contre 44,6) mais les prestataires de services ne sont pas dans une situation très enviable (43,6 contre 45,2).

Au total, le volume des nouvelles affaires continue de se contracter (bien que moins qu’avant), les marges sont sous pression et les licenciements se poursuivent. Ces données «mettent en évidence un début d’année 2013 très décevant pour l’économie française et ravivent les craintes de voir celle-ci tomber en récession», écrit Jack Kennedy, économiste chez Markit.

Pour Bruno Cavalier économiste chez Oddo, les chiffres de croissance du PIB au quatrième trimestre 2012 devraient être un peu meilleurs en France qu’en Allemagne (-0,3% contre -0,5%). Cependant, les indices PMI indiquent que «le décrochage économique relatif de la France vis-à-vis de l’Allemagne va reprendre dès le début 2013». A ses yeux, la croissance française devrait être de -0,5% en 2013 contre 0,8% attendu par le gouvernement. Le Fonds monétaire international voit le PIB croître de 0,3%.

PMI : L'activité économique française décroche. Illustration L'Agefi.
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PMI : L'activité économique française décroche. Illustration L'Agefi.

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