Le Royaume-Uni s'oriente vers un référendum sur son appartenance à l'Union

le 23/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Premier ministre David Cameron tente ainsi un coup de bluff pour obtenir des concessions sur la réforme de l'UE et de nouvelles exemptions

Le Royaume-Uni s’apprête à jouer un coup de bluff. Le Premier ministre David Cameron devrait aujourd’hui se prononcer en faveur d’un référendum sur l’appartenance du pays à l’Union européenne (UE) qui se tiendrait dans le courant de la première moitié d’un éventuel deuxième mandat, à partir de 2015. «Il est temps pour le peuple britannique d’avoir la parole. Il est temps de régler la question européenne dans la politique britannique» s’apprête-t-il ainsi à dire dans un discours repoussé en raison de la crise en Algérie.

Un signal fort qui met la pression sur le couple franco-allemand, à peine remis de la célébration hier du cinquantième anniversaire de son amitié. David Cameron espère ainsi obtenir une réforme de l’UE. «L'intérêt national britannique est mieux servi au sein d'une Union européenne flexible, adaptable et ouverte». Mais il espère surtout obtenir des concessions sur le rapatriement à Londres de prérogatives dévolues à Bruxelles, notamment dans le domaine de l'emploi, des réglementations sociales, de la police et de la justice. «Une fois les nouvelles relations (entre le Royaume-Uni et l'UE) renégociées, nous consulterons les Britanniques par référendum».

Un pari risqué dans un pays en crise, alors que Berlin et Paris ne souhaitent pas ouvrir la «boîte de Pandore» d’une «Europe à la carte», que le président américain Barack Obama s’est montré favorable au maintien du Royaume-Uni dans l'UE et qu’au sein même de la coalition, les alliés libéraux démocrates de David Cameron sont résolument europhiles.

Dans un discours prononcé hier à Belfast, le gouverneur de la BoE s’est dit «prêt à fournir de nouveaux assouplissements si c’est nécessaire», en précisant que la croissance sur le dernier trimestre 2012, qui sera publiée vendredi, a été «considérablement plus faible» que celle du trimestre précédent. Mervyn King a également répété son inquiétude quant à la vague de dévaluations compétitives, tout en indiquant qu’un affaiblissement de la livre «était nécessaire pour un rééquilibrage complet de notre économie». La livre était hier à un plus bas de 10 mois contre euro, et depuis août dernier contre dollar, à 1,58. «La livre est en train de perdre son statut de monnaie refuge. Le déficit des comptes courants s’accroît, le déficit budgétaire ne s’améliore pas, la coalition s’affaiblit, l’inflation est toujours un problème et nous devrions être dégradés dans peu de temps » estime Investec Asset Management.

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