Les banquiers centraux américains ont peiné à appréhender la crise en 2007

le 22/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Certains ne pensaient pas que les difficultés de la sphère financière toucheraient l'économie réelle, selon les comptes-rendus détaillés du FOMC

Les banquiers centraux américains ont eu du mal à anticiper les conséquences de la crise des subprimes. C’est ce qui ressort de la retranscription mot à mot (rires compris) des débats qui se sont tenus au Comité de politique monétaire (FOMC), présidé par Ben Bernanke, au cours de l’année 2007 et que la Fed a publiée la semaine dernière sur son site internet.

Les minutes du FOMC du 7 août montrent que les banquiers étaient assez divisés sur l’impact potentiel des difficultés rencontrées sur le marché des subprimes et dans certains établissements comme Bear Stearns et Countrywide. «Mon pari est que l’agitation sur les marchés financiers ne va pas avoir d’impact important sur ce qui se passe dans l’économie réelle», assurait ainsi William Poole. «Le plus probable est que la croissance va continuer à être modérée», affirmait son homologue Donald Kohn.

«Ce qui arrive est plutôt positif. Nous étions soucieux de voir que les marchés étaient un petit peu trop optimistes, qu’il y avait beaucoup trop d’opacité et que les marchés ne s’en préoccupaient pas. Aujourd’hui, ils s’en préoccupent et c’est une situation fondamentalement saine», se félicitait de son côté, Frederic Mishkin.

A la même date, Janet Yellen, aujourd'hui pressentie pour remplacer Ben Bernanke à la fin de son mandat en 2014, se montrait plus alarmiste. «En ce qui concerne les perspectives de croissance, le secteur immobilier reste très certainement un sujet d’inquiétude sérieuse», soulignait-telle, tout en soutenant comme ses confrères qu’il ne fallait pas toucher au taux cible des Fed Funds alors fixé à 5,25%.

Trois jours après cette réunion, les banquiers centraux organisent une conférence téléphonique et décident d’injecter des liquidités dans le système financier. Ils se sont à nouveau réunis en urgence le 16 août, avant d’affirmer dans un communiqué que «le resserrement des conditions de crédit et l’augmentation de l’incertitude pourraient potentiellement restreindre la croissance future.»

Lors de leur réunion de septembre, les banquiers centraux ont décidé de baisser le taux des Fed Funds de 50 points de base. La cible a à nouveau été abaissée en octobre à 4,50% et à 4,25% en décembre. Alors que Janet Yellen, avait plaidé pour une baisse de 50pb lors de cette réunion, Ben Bernanke, avait souhaité une baisse de seulement 25 pb, au nom de la faiblesse du dollar et des risques pour l’inflation.

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