ICG lève un fonds de dette mezzanine record de 2,5 milliards d’euros

le 16/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La société de capital-investissement londonienne profite de la frilosité des banques sur le marché de la dette des entreprises moyennes

Intermediate Capital Group (ICG) a annoncé hier avoir bouclé la levée d’un fonds de dette mezzanine de 2,5 milliards d’euros, avant la date butoir de fin mars. Avec ce cinquième véhicule dédié à la dette subordonnée non cotée (remboursée après la dette senior), la société de gestion londonienne dispose du plus gros fonds de mezzanine levé à ce jour en Europe et du quatrième à l’échelle mondiale, selon le cabinet Preqin.

«Face à la demande, nous avons relevé notre objectif de 2 à 2,5 milliards d’euros, explique à L’Agefi Benoît Durteste, responsable de l’équipe mezzanine d’ICG. Ce succès s’explique en partie par le manque structurel de financements bancaires en Europe, donc le besoin de solutions de crédit alternatives pour les entreprises, et par l’appétit des investisseurs à la recherche de nouvelles opportunités dans la région. Grâce notamment à nos 23 ans d’expérience, nous avons bénéficié de leur concentration sur quelques grosses levées de fonds».

Outre les 500 millions d’euros investis par ICG sur ses fonds propres, le fonds a été souscrit à 35% par des fonds souverains, à 31 % par des fonds de pension et à 10 % par des assureurs. «Les banques sont absentes, alors qu’elles pesaient pour 20 % dans notre fonds IV de 1,25 milliard d’euros bouclé en avril 2007, indique Benoît Durteste. Nous étions en outre dépendants à 80% de clients européens. Cette fois-ci, les montants levés sont répartis à parts égales entre investisseurs européens, américains et asiatiques».

Avec son cinquième fonds de mezzanine, ICG a déjà accompagné la reprise par ses dirigeants de l’agence de voyages d’affaires britannique ATPI et un rachat de dette senior décotée d’Icopal, une société de matériaux de couverture des bâtiments déjà en portefeuille. Après la signature de deux autres opérations en cours, ICG aura investi 26 % de son fonds V. «Cela inclut un partie du portefeuille de 250 millions d’euros de créances bancaires de la zone euro, racheté par ICG l’an dernier», précise Benoît Durteste.

Le gestionnaire peut financer des opérations comprises entre 30 et 200 millions d’euros et ne se fixe pas de limites en terme de valorisation d’entreprise, mais opère seulement dans les pays d’Europe de l’Ouest où il dispose d’un bureau, à l’image de la France. Les 27 personnes de son département mezzanine gèrent au total plus de 7 des 12,9 milliards d’euros d’actifs d’ICG.

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