Le Panel Taux attend une baisse des taux de la BCE ce trimestre

le 07/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Des économistes estiment que la BCE pourrait attendre d'en savoir plus sur la situation des banques et de l'économie américaine avant d'agir

La grande majorité des membres du Panel Taux s’attend à ce que la Banque centrale européenne (BCE) abaisse son taux directeur de 25 points de base dans les trois prochains mois. Deutsche Bank, qui pariait encore sur un refi maintenu à 0,75% le mois dernier, a rejoint les 8 panélistes sur les 20 que compte notre échantillon qui prévoient que le taux descendra à 0,50% d’ici à la fin du trimestre. A six mois, seuls six panélistes estiment que la BCE maintiendra son taux principal à 0,75% : Aurel BGC, BBVA, BNP Paribas, La Française AM, UBS et Unicredit.

Déjà, lors de sa réunion de décembre, le président de la BCE, Mario Draghi, a reconnu qu’il avait débattu avec les gouverneurs de l’opportunité de baisser le taux de refi. Les banquiers centraux ont même évoqué, bien que brièvement, les conséquences d’un passage du taux de la facilité de dépôt en territoire négatif (il est aujourd'hui à 0%). Cependant, plusieurs analystes doutent que la réunion de jeudi prochain sera l’occasion d’annoncer un nouvel assouplissement.

La présentation par la BCE de son programme de rachat de dette souveraine (OMT) à la fin de l’été a considérablement apaisé les tensions sur les marchés. Et, «depuis la réunion de décembre, les données économiques se sont révélées légèrement meilleures et les conditions financières ont continué à s’améliorer, conséquence de la baisse des taux dans les pays périphériques et de la remontée des bourses», écrit Philippe Gudin, chez Barclays. L’économiste prévoit quand même une baisse du taux directeur (mais pas une baisse du taux de la facilité de dépôt) au cours du trimestre. Sauf en cas d’amélioration continue du climat financier et économique.

Chez Crédit Agricole CIB, Frederik Ducrozet s’attend à ce que «la BCE laisse son taux directeur inchangé en janvier alors que le report de deux mois de la résolution du problème américain de la falaise budgétaire (fiscal cliff) continue de nourrir les incertitudes au-delà des développements récents sur le front européen». L’économiste ajoute que «l’ouverture de la première fenêtre de remboursement de l’opération de financement à trois ans (LTRO) à la fin du mois devrait donner une indication de la position des banques en matière de liquidité, en fonction des sommes qui seront restituées à la banque centrale».

A ses yeux, il est plus probable que la BCE attende le mois de mars pour agir. Toutefois il n’exclut pas qu’elle assouplisse encore les conditions monétaires d’ici là. Car l'institution a sérieusement corrigé à la baisse ses prévisions économiques lors de sa réunion de décembre. Alors qu’elle tablait sur une croissance dans la zone euro de 0,5% pour 2013, en septembre dernier, elle a revu cette estimation à 0,3%. Qui plus est, la BCE ne table plus sur une inflation à 1,9% en 2013 mais à 1,6%, ce qui l’éloigne sensiblement de sa cible de 2%.

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