L’emploi américain conforte la politique actuelle de la Fed

le 07/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le pays a créé 155.000 emplois en décembre 2012. Mais le taux de chômage reste stable à 7,8%, bien au-dessus du seuil de 6,5% surveillé par la Fed

Le marché américain de l’emploi continue de s’améliorer. Mais le rythme reste encore insuffisant pour réellement inciter la Réserve fédérale à modifier sa politique monétaire, même si des dissensions ont commencé à poindre au sein de la banque centrale. Malgré la menace grandissante du «fiscal cliff» en fin d'année dernière, l'économie américaine a créé 155.000 emplois non agricoles en décembre 2012, un chiffre conforme aux attentes mais inférieur aux 161.000 recensés au mois de novembre (chiffre révisé en hausse par rapport aux 146.000 annoncés en première estimation).

Si l’économie américaine continue de créer des emplois à un rythme relativement constant (155.000 par mois en moyenne au cours du dernier trimestre), la tendance reste encore insuffisante pour réellement infléchir le taux de chômage. Entre les mois de novembre et de décembre, le taux de chômage est resté stable à 7,8%. Or, la Fed a fait de cet indicateur l’un des facteurs clés d’ajustement de sa politique monétaire. En fin d’année dernière, la banque centrale américaine avait prévenu qu’elle maintiendrait le taux des Fed funds à leur niveau exceptionnellement bas tant que le taux de chômage ne descendrait pas sous les 6,5%.

Les données de l’emploi du mois de décembre «ne montrent pas une accélération de la croissance des Etats-Unis» et, plus encore, «rien ne suggère que la Fed y voie une amélioration substantielle qui pourrait l’amener à revoir sa politique de rachats d’actifs», estime Julia Coronado, économiste chez BNP Paribas. Partageant cet avis, les économistes d’ING estiment que le taux de chômage américain ne pourrait se rapprocher de la borne fixée par la Fed qu’au milieu de l’année 2015. BNP Paribas prévoit un maintien du «quantitative easing» de la Fed en 2013 et en 2014.

Les chiffres de décembre laissent néanmoins entrevoir un signe encourageant pour la croissance: le salaire moyen horaire a augmenté de 0,3% en décembre et de 2,1% en un an. De quoi permettre aux ménages américains de faire face aux hausses d’impôts prévues par le compromis fiscal signé la semaine dernière. Un facteur de soutien bienvenu alors que les coupes budgétaires qui pourraient être décidées fin février 2013 viendraient inévitablement peser sur l’activité des entreprises américaines.

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