La prévision de croissance française pour 2013 est vouée à être révisée

le 02/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La croissance n'a finalement été que de 0,1% au troisième trimestre. La crédibilité de l'objectif de 0,8% cette année sera testée d'ici à avril

L’économie française a affiché une performance inférieure aux attentes au troisième trimestre, a indiqué vendredi l’Insee. Les comptes nationaux trimestriels publiés par l’institut font état d’une croissance de 0,1% du PIB pour la période allant de juin à septembre contre une première estimation de 0,2% auparavant. L’Insee justifie cette révision à la baisse par un niveau d’investissements des entreprises et une consommation des ménages plus faibles qu’attendu.

En affichant une croissance quasi nulle, la France échappe toutefois à une entrée officielle en récession qui nécessite deux trimestres de repli consécutif pour se matérialiser. Au deuxième trimestre, le PIB avait reculé de 0,1%, après une croissance zéro au cours des deux trimestres précédents.

Le gouvernement table sur une croissance de 0,3% en 2012. Pour 2013, Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie a répété vendredi qu’il maintenait l’objectif à 0,8% tout en précisant que la France vérifiera si sa prévision de croissance 2013 est crédible à temps pour la remise, prévue en avril, de son programme de stabilité à la Commission européenne. Une révision à la baisse de la prévision officielle paraît donc de plus en plus inéluctable.

La hausse inattendue (+0,2%) de la consommation des ménages pour novembre en raison de la facture énergétique liée au froid ne suffit pas pour espérer un redémarrage rapide de l'économie. Au contraire, l’Insee estime que la stagnation de l’économie française devrait se poursuivre au premier semestre. Cette anticipation n’est pas de bon augure pour le gouvernement, qui aura du mal à inverser la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année prochaine si la croissance ne redémarre pas.

Les dernières statistiques sur l’emploi pour octobre sont déjà venues ternir le tableau. Le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté pour le 19e mois consécutif pour atteindre son plus haut niveau depuis quinze ans. Alors que certains pointent le risque de décrochage de la France, le FMI a récemment incité le gouvernement à engager une vaste réforme du marché du travail et à davantage de libéralisation dans le secteur privé afin de gagner en compétitivité. L’institution de Washington avait même indiqué à la veille du week-end de Noël qu’elle ne croyait pas à l’objectif de réduction du déficit de 3% du PIB pour 2013.

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