Le Livret A devrait encore siphonner les produits d'épargne fiscalisés

le 20/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le produit pourrait collecter une trentaine de milliards d'euros de plus dans les trois mois avec le nouveau relèvement du plafond au 1er janvier

Livret A: le nouveau plafond pénalise les banques. Photo: Philippe Devanne/Fotolia

Nouvelle ponction en vue pour les livrets bancaires fiscalisés. Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie, a confirmé hier que le deuxième relèvement de 25% du plafond du Livret A interviendra le 1er janvier 2013. Déjà porté de 15.300 à 19.125 euros le 1er octobre dernier, il passera à 22.950 euros, la hausse de 25% s’entendant par rapport au plafond initial. Celui du Livret de développement durable, qui a été doublé à 12.000 euros en octobre, reste en revanche inchangé.

La réforme d’octobre a déjà produit ses effets sur la liquidité bancaire. Le Livret A et le LDD, dont 65% des encours sont centralisés à la section des fonds d’épargne de la Caisse des dépôts, ont collecté plus de 21 milliards d’euros en octobre (en incluant le Livret Bleu, la version distribuée par le Crédit Mutuel). Le phénomène de vases communicants avec les livrets bancaires soumis aux prélèvements sociaux a joué à plein: ces produits ont enregistré une décollecte record de 12,4 milliards d’euros en octobre, selon les statistiques de la Banque de France. Les comptes courants de la clientèle, autre ressource que les établissements de crédit conservent à 100% dans leur bilan, ont fondu de 5 milliards sur le mois.

Selon les économistes, le Livret A pourrait encore drainer une trentaine de milliards d’euros, d’autant que la rémunération actuelle, fixée à 2,25%, reste très compétitive. Les stratégistes taux de SG CIB tablaient par exemple début décembre sur des flux additionnels de 35 milliards d’euros dans les 3 mois grâce au deuxième relèvement du plafond. Quelques milliards d’euros proviendront certes du versement des intérêts annuels, mais le gros devrait encore être ponctionné sur les livrets fiscalisés.

Les réseaux distributeurs du Livret A font donc valoir la nécessité d’abaisser le taux de centralisation. Ils plaident notamment leur cause auprès des députés PS Karine Berger et Dominique Lefebvre, chargés d’un rapport sur la réforme de l’épargne pour janvier.

Hier, Pierre Moscovici s’est borné à évoquer une réforme des paramètres de l’épargne réglementée «pour faire en sorte que ce soit l'épargnant qui soit protégé mais aussi le financement du mouvement HLM et du logement social qui soit assuré». Le ralentissement de l’inflation en France, à 1,3% en novembre, justifierait déjà une baisse d’au moins 0,5 point de la rémunération.

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