La SEC ouvre la boîte de Pandore sur le marché des ETF physiques

le 19/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’autorité justifie l’autorisation accordée à JPMorgan de lancer le premier ETF sur le cuivre en indiquant qu’il n’aura pas d’incidence sur les prix

En accordant lundi à JPMorgan le droit de lancer le premier ETF physique sur le cuivre coté à New York, la SEC adopte une position controversée. Grâce à cette autorisation, le fonds JPM XF Physical Copper Trust de la banque américaine permettra ainsi aux investisseurs d’échanger le cuivre comme tout autre titre, avec chaque unité garantie par un actif physique réel. Une décision qui pourrait ouvrir la boîte de Pandore puisque la SEC doit également rendre son verdict d’ici au 24 décembre sur un projet de fonds similaire proposé par BlackRock.

Répondant ainsi à un consortium de fabricants farouchement opposés au projet, l’autorité américaine confirme sa position adoptée le mois dernier dans un rapport global sur les ETF sur métaux en indiquant qu’elle «ne pense pas que la cotation et l’échange de ces titres puissent perturber l’offre de cuivre disponible pour livraison immédiate, ce qui est précisément la raison qui pousse les fabricants de cuivre à prévoir une augmentation des prix du cuivre».

Le fonds JPMorgan vise des actifs de 62.000 tonnes métriques de cuivre, équivalent à près de 500 millions de dollars sur la base des cours actuels, et le fonds iShares Copper Trust de BlackRock vise 121.200 tonnes. Les deux fonds représenteraient 70% des stocks de cuivre du LME. Un montant qui «a le potentiel de jouer à la hausse sur les cours» en réduisant l’offre, selon Bart Melek, stratégiste sur matières premières chez TD Securities.

En outre, les performances sont loin d’être garanties. La Société Générale estime que les coûts annuels de stockage et d’assurance engendrés par les ETF physiques indexés sur le cuivre pourraient entrainer une hausse mécanique des prix de 4% à 5%. Ce qui implique que la performance doit être au moins égale à ce pourcentage pour dégager de la performance absolue. En termes relatifs, en tenant compte du consensus des analystes interrogés par Barron qui table sur une hausse du S&P 500 de 10% en 2013, ainsi qu’un dividende sur les actions de 2%, la hausse doit atteindre au moins 16% à 17% pour battre l’indice.

Après avoir atteint un point haut à 10.000 dollars la tonne métrique, le prix du cuivre est revenu aujourd’hui à environ 8.000 dollars. Et les contrats à terme indiquent que les investisseurs anticipent une stabilité des cours sur les deux prochaines années, notamment du fait du ralentissement de la demande chinoise pour le métal.

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