«La politique de la Fed est de nature à faire reculer le dollar»

le 17/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Alexandra Estiot, économiste chez BNP Paribas

- L'Agefi : Quel devrait être impact sur le dollar de la décision de la Fed de poursuivre son programme de rachat d’actifs ?

- Alexandra Estiot: Les épisodes d’assouplissement quantitatif sont de nature à faire reculer le dollar (ils en accroissent potentiellement l’offre sur le marché des changes). La question est de savoir contre quelles devises. L’afflux de liquidités et l’appétit croissant pour le risque pourraient conduire à une hausse du prix des matières premières et ainsi des monnaies des grands pays producteurs (Australie, Canada…). Une accélération de la croissance dans certains grands pays émergents pourrait conduire à une appréciation rapide de leurs devises, ce que leurs banques centrales ne manqueraient toutefois pas de combattre, comme ce fût le cas par le passé, notamment au Brésil et en Turquie.

- Comment voyez-vous évoluer l’euro dans les prochains mois ? 

-  En dents de scie, mais sans tendance fondamentale. L’euro évolue par à-coups, au gré des avancées, des pauses et des reculs de l’intégration européenne. La prochaine grande étape sera espagnole : si le gouvernement Rajoy se décide à demander l’aide européenne, l’activation du programme OMT de la BCE et le retour des investisseurs qui sera initié devraient soutenir l’euro. A l’inverse, le risque d’indécision politique et de retard dans les progrès de la gouvernance européenne, lié aux calendriers électoraux (élections en Italie, en Allemagne) pèse sur le cours de la monnaie unique. Mais l’attention, en cette fin d’année, sera certainement concentrée sur les Etats-Unis et l’avancée des débats quant aux moyens d’éviter le «mur budgétaire».

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