«Les dettes financières demeurent très bon marché»

le 17/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Philippe Berthelot, directeur de la gestion crédit chez Natixis AM

- L’Agefi: Dans un marché où les sources de rendement se tarissent, les investisseurs sont à la recherche de solutions. Quelle classe d’actifs obligataires corporate priviligiez-vous?

- Philippe Berthelot: Historiquement bas, le rendement de 2% de tout indice investment grade peut paraître fade en absolu même si sa composante spread de crédit demeure elle anormalement élevée. Malgré ce paradoxe lié au niveau quasi nul des taux core, nous percevons des segments encore attractifs comme les «covered bonds» (obligations sécurisées) et les «utilities» sur les périphériques, de même que certaines dettes bancaires perpétuelles (tier 1) et de manière plus globale, les financières qui demeurent très bon marché. Au sommet, le marché high yield européen bénéficie d’un rendement de plus de 6%, sans concurrence dans le monde obligataire.

- Anticipez-vous une hausse du taux de défaut des entreprises pour l’an prochain s'agissant de la dette spéculative et high grade ? Si oui, dans quelle proportion? Quelle est votre stratégie?

- Le taux de défaut des corporates devrait marginalement augmenter à 3,2% dans 12 mois selon notre modèle interne, chiffre corroboré par nos gérants quand ils scrutent un à un les composants de l’univers high yield européen. Il faut aussi noter que, pour la quatrième année consécutive, le taux de défaut des «leveraged loans» (prêts à effet de levier) européens est bien supérieur à 6,3%. Une combinaison de dettes corporates courtes investment grade avec des obligations high yield nous semble la stratégie idoine pour le prochain semestre.

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