L'Espagne espère passer les échéances de 2013 en émettant à court terme

le 13/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le stock de bons du Trésor s'accroîtra de 20 milliards d'euros alors que les besoins de financement du pays ne cessent d'augmenter

Madrid change son fusil d’épaule en matière de financement. Dans une présentation aux investisseurs, le Trésor espagnol a annoncé le 12 décembre une hausse surprise de 19,9 milliards d’euros de l’encours de bons du Trésor en 2013, alors que le stock n'augmentera que de 1 milliard en 2012. Une option qui va changer le programme d’émissions à moyen long terme l’an prochain.

L’Espagne a 48 milliards d’euros de déficit à financer en 2013 contre 37 milliards cette année, auxquels s’ajoutent 62,3 milliards d’euros de tombées obligataires. Grâce au recours massif aux bons du Trésor, les émissions brutes de dette à moyen long terme se limiteraient à 90,4 milliards. Nettes des tombées, elles atteindraient 28,1 milliards, en recul par rapport aux 35,8 milliards nets figurant dans le programme de cette année.

«L’intention apparente de renforcer l’encours de bons du Trésor de 20 milliards d’euros, si elle est sérieuse, soulève toujours plus de questions au sujet d’un éventuel appel à l’aide du pays l’an prochain», notait hier Ciaran O’Hagan, stratégiste taux chez SG CIB. Alors que les milieux d’affaires espagnols sont désormais opposés à l’idée d’un sauvetage partiel du pays, le Trésor tente de gagner du temps en privilégiant la partie courte de la courbe. Avec des rendements de 2,56% à 12 mois et 2,78% à 18 mois obtenus mardi lors de la dernière adjudication de bons, cette stratégie permet aussi à l’Espagne d’abaisser le coût moyen de son financement.

Le Trésor espagnol a malgré tout fort à faire. Bien que le besoin de financement officiel en 2013 soit annoncé à 48 milliards, «le chiffre final devrait s’approcher de 60 milliards d’euros compte tenu du dérapage du déficit budgétaire», estime Gilles Moëc, économiste chez Deutsche Bank.

Par ailleurs, le programme d’émission n’inclut pas les 23 milliards d’euros que l'Espagne devra lever en plus l’an prochain pour doter le fonds d’aide aux régions. Enfin, janvier sera un mois compliqué avec 21,6 milliards d’euros de tombées et de coupons à payer.

C’est pourquoi Madrid a commencé à préfinancer ses besoins 2013. Au 30 novembre, le pays avait émis 90,8 milliards à moyen et long terme contre un programme de 85,9 milliards en 2012. Il faut y ajouter 17,3 milliards adjugés au profit du fonds d’aide aux régions, du fonds de restructuration bancaire (Frob) et de la Sécurité sociale.

A lire aussi