«Nous nous attendons à une légère érosion du crédit corporate en 2013»

le 10/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Anne Velot, responsable de la gestion crédit européen chez Axa IM

- L'Agefi : Certains redoutent la formation d’une bulle sur le crédit corporate. Y a-t-il un risque selon vous ?

- Anne Velot : Certes, les primes de risque de crédit intègrent un moindre niveau de protection pour une remontée du risque systémique liée à la crise souveraine européenne. Les solutions apportées jusqu’à maintenant ne garantissent pas une reprise économique rapide mais elles limitent la perception du risque de défaut à court terme sur les pays périphériques. La prime de risque crédit actuelle est en phase avec la qualité des fondamentaux de la classe d’actif au regard des défauts attendus et de sa volatilité intrinsèque. La globalisation des émetteurs corporates, leur accumulation de liquidités et leur accès facilité aux marchés de capitaux, à des coûts de financement historiquement bas, nous permettent d’envisager une légère érosion pour 2013, mais rien qui n’est pas déjà intégré dans ces primes.

- Les grandes signatures ont alimenté le marché en 2012 de même que de nouveaux émetteurs de plus petite taille. Cette tendance va-t-elle se poursuivre ? 

-  Certainement, la désintermédiation est en cours en Europe, même si cette force n’agit pas à la même vitesse selon les pays. Depuis janvier, le volume de prêts octroyés par les banques européennes aux entreprises est en deçà des montants qui ont pu être levés sur les marchés de capitaux, et ce pour la première fois. La désintermédiation est forte en France où les banques ont accéléré leur réduction de levier. Les banques italiennes et espagnoles ont elles aussi fortement réduit leur volume d’octroi de prêts. En outre, les émetteurs de ces pays profitent de l’accalmie sur les risques souverains pour lever des formes alternatives de financement.

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