«Une baisse des taux de la BCE dès janvier n'est pas exclue»

le 10/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Frederik Ducrozet, économiste senior zone euro chez Crédit Agricole CIB

- L’Agefi: Que pensez-vous du statu quo décidé par la Banque centrale européenne (BCE) ?

- Frederik Ducrozet : La décision de la BCE en elle-même n'a pas surpris grand monde, même si nous espérions une baisse de taux en ce qui nous concerne. La plus grosse surprise est venue de l'amplitude des révisions à la baisse des prévisions. Le rythme de croissance resterait extrêmement faible jusqu'en 2014. Plus frappant encore, la BCE reconnaît qu'elle ratera son objectif de stabilité des prix en 2013 (1,6% d'inflation prévue en moyenne) comme en 2014 (1,4%). Cette dernière prévision est saisissante, pour une banque centrale qui n’a «qu’une seule aiguille à son compas», la stabilité des prix : jamais les prévisions d'inflation de long terme n'ont été aussi basses depuis 2009. Enfin, Mario Draghi a reconnu que le conseil des gouverneurs avait discuté d'une baisse de taux, y compris du taux de dépôt ! Une baisse de taux dès janvier n’est pas exclue si les chiffres économiques déçoivent ou si les conditions financières se tendent à nouveau, mais la BCE pourrait être tentée de temporiser jusqu’au mois de mars.

- Que retenez-vous des décisions de la Banque d'Angleterre (BoE) ?

- La décision de la BoE est moins sujette à controverse : on la sait prête à agir au moindre regain de faiblesse de l'économie (notre scénario central table sur une extension de 25 milliards de livres du programme de QE), mais on accepte l'idée d'une efficacité décroissante de ces mêmes mesures. L’amélioration graduelle du marché de l’emploi pourrait certes apporter un soutien bienvenu au revenu des ménages en 2013, mais dans l’ensemble la croissance restera probablement inférieure à sa tendance historique.

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