Londres prolonge sa cure d’austérité

le 06/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Avec une croissance révisée en baisse jusqu'en 2017, la trajectoire budgétaire est décalée d'un an

Le PIB britanique révisé en baisse. Illustration L'Agefi.

A l’occasion de son traditionnel discours d’automne hier, le chancelier de l’Echiquier britannique George Osborne a annoncé le décalage d’une année de sa politique de consolidation budgétaire, jusqu’en 2017-2018. Tout en insistant sur l’amélioration de l’état de santé de l’économie britannique, le ministre des Finances a en effet reconnu que la réduction de l’endettement public prendrait plus de temps que prévu. Dans la foulée, les prévisions de croissance ont également été revues à la baisse pour cette année et les suivantes.

«Le message de cette déclaration d’automne est que nous progressons. C’est une route difficile mais nous y arrivons et la Grande-Bretagne est sur le bon chemin. Faire machine arrière serait une catastrophe». En ouverture du traditionnel discours d’automne hier, le chancelier de l’Echiquier George Osborne a multiplié les messages rassurants sur l’économie du Royaume-Uni, l’un des 12 pays au monde à retenir le sésame du triple A: 1,2 million de nouveaux emplois auraient ainsi été créés dans le secteur privé depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement de coalition début 2010 et le déficit structurel a été réduit d’un quart sur la même période.

Pour autant, les Britanniques vont encore devoir supporter une année supplémentaire d’austérité, qui se prolongera jusqu’en 2017-2018. Le Chancelier en effet reconnu qu’il ne parviendrait pas à atteindre son objectif de réduction de l’endettement à partir de 2015-2016 comme il l’avait prévu et que cela interviendrait seulement en 2016-2017. Dans la foulée, s’appuyant sur les perspectives de l’OBR, un cabinet indépendant chargé de réaliser les prévisions économiques et de superviser les finances publiques, le Chancelier a indiqué que le pays subirait cette année une contraction de 0,1%.

Le Royaume-Uni devrait reprendre le chemin de la croissance dès l’an prochain avec 1,2%, puis 2% en 2014; 2,3% en 2015; 2,7% en 2016 et 2,8% en 2017. Des chiffres jugés encore trop optimistes par les observateurs: «En raison d’une réduction des revenus disponibles et du marasme de l’économie dans la zone euro, nous pensons que la croissance économique restera au-dessous des 2% au cours des cinq prochaines années» estime ainsi Scott Scorfe, économiste au sein du CEBR. Les besoins d'émissions de Gilts ont été ramenés de 110 à 106 milliards de livres pour l'exercice 2012-2013, grâce aux revenus transférés par la Banque d'Angleterre.

A l’occasion de ce discours fiscalement neutre, le chancelier de l’Echiquier a annoncé une nouvelle série de mesures. Parmi les initiatives attendues, le gouvernement a confirmé une réduction du montant que les personnes à hauts revenus peuvent transférer, sans charges fiscales, dans les fonds de pension tous les ans. Les budgets de l’Etat, qui ont déjà été réduits à hauteur de 12 milliards de livres, subiront un nouveau tour de vis. En revanche, l’organisme en charge des impôts outre-Manche va bénéficier de ressources supplémentaires à hauteur de 77 millions de livres afin de mieux lutter contre l’évasion fiscale.

Les entreprises n’ont pas été oubliées: l’impôt sur les sociétés sera réduit d’1% à 21% à compter d’avril 2014, faisant du Royaume-Uni le pays doté du taux d’imposition le plus attractif parmi les pays occidentaux. En revanche, les banques ne bénéficieront pas des largesses gouvernementales: la taxe sur le bilan des banques, qui doit permettre de lever tous les ans quelque 2,5 milliards de livres, sera portée à 0,130% à compter de l’an prochain.

Le PIB britanique révisé en baisse. Illustration L'Agefi.
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Le PIB britanique révisé en baisse. Illustration L'Agefi.

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