Londres va devoir modifier sa feuille de route budgétaire

le 05/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

George Osborne devrait annoncer devant les parlementaires un report dans le temps des objectifs de réduction du déficit public

Les marchés et les agences de notation auront les yeux rivés sur le ministre des Finances britannique, George Osborne qui doit prononcer en début d'après-midi son «discours d’automne» devant la Chambre des communes. Confronté à la difficulté de relancer l’économie, Londres va devoir admettre que la cure d’austérité engagée en 2010 mettra plus de temps que prévu à porter ses fruits. Les économistes s’attendent à une révision à la baisse des objectifs de réduction du déficit public qui pourraient être reportés d’un an. Ils anticipent aussi de nouvelles mesures d'austérité.

Jusque-là, l’objectif visait à réduire le ratio dette sur PIB à partir de 2015-2016 soit au terme de la législature qui s’achève en 2015, pour parvenir à l’équilibre budgétaire l’année suivante. Pour 2013, le ministère des Finances anticipe un déficit de 6,5%. Les analystes scruteront aussi la réaction de l’Office pour la responsabilité budgétaire (OBR), l'organisme indépendant chargé de faire des prévisions économiques et de surveiller les finances publiques, qui devrait réviser en baisse ses prévisions de croissance. L’OBR tablait jusque-là sur une croissance de 0,8% cette année, et 2% pour l’an prochain. Cet objectif est jugé aujourd’hui hors d’atteinte.

La politique de transfert des revenus dégagés grâce au programme d’assouplissement quantitatif (QE) de la Banque centrale britannique vers le Trésor ne devrait pas suffire.  «La décision de transférer les coupons nets du programme d’achats d’actifs de la BoE aiderait le gouvernement à respecter ses objectifs budgétaires. Cette décision améliorera les flux de liquidité à court terme, mais nous ne pensons pas qu’elle permettra à elle seule de garantir le respect des règles budgétaires : le chancelier de l’Échiquier sera contraint d’annoncer des mesures d’austérité supplémentaires pour respecter les objectifs budgétaires», explique Crédit Agricole CIB.

La Grande-Bretagne reste ainsi sous la menace d’une dégradation du AAA encore attribué par Fitch et Moody’s. Les deux agences ont d'ailleurs placé la notation du pays sous surveillance négative. Le verdict de Moody's est attendu pour le début 2013.

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