Dexia risque de faire déraper les déficits belge et français

le 04/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Eurostat souhaite en première analyse que la recapitalisation de la banque soit enregistrée comme une dépense budgétaire et non comme un investissement

Eurostat veille au grain dans le dossier Dexia. L’office européen des statistiques veut que les Etats comptabilisent dans leur déficit public au sens de Maastricht la prochaine recapitalisation de 5,5 milliards d’euros de la banque franco-belge. La Belgique, dont la part de l’effort atteindra 2,91 milliards, a reconnu ce week-end qu’Eurostat avait adressé un courrier en ce sens à l’Institut des comptes nationaux. «Ce n’est qu’une recommandation préliminaire, le début d’une procédure qui nous laisse le temps de nous expliquer» a déclaré samedi un porte-parole du ministère des Finances à Bruxelles. Le pays a jusqu’au 12 décembre pour tenter de faire changer d’avis les statisticiens européens.

La «jurisprudence» Eurostat devrait également s’appliquer à la France, qui a accepté le 8 novembre d’injecter 2,58 milliards d’euros au capital de Dexia. Hier, Bercy ne faisait pas de commentaires. «Eurostat examine la prise en compte de la recapitalisation de Dexia, mais, par principe, ne commente pas les échanges d’information bilatéraux en cours tant que tous les détails ne sont pas connus», indiquait lundi un porte-parole de l'institution à Luxembourg.

En 2008, lors du premier sauvetage de Dexia, la prise de participation publique dans le groupe (un milliard en direct pour l’Etat français), financée par de la dette, avait été considérée comme un investissement et non comme une dépense publique. Elle n’avait donc pas eu d’impact sur le déficit au sens de Maastricht. Eurostat n’est plus convaincu par cette analyse. Il faut dire que les actions Dexia, achetées 9,90 euros pièce fin 2008, ne valent plus que 9 centimes… Le groupe devrait perdre un milliard en 2013, rester dans le rouge jusqu’en 2018, et son nouveau patron Karel de Boeck a prévenu la France et la Belgique qu’elles ne devaient pas s’attendre à toucher les dividendes prioritaires attachés aux actions qu’elles s’apprêtent à souscrire.

C’est outre-Quiévrain que l’impact budgétaire serait le plus fort. Si l’opération est enregistrée en 2012, le déficit/PIB belge passerait de 2,8% à 3,6%; si c’est en 2013, de 2,15% à 3%. Pour la France, le décalage serait de 0,12 point de PIB, rendant impossible, pour une comptabilisation en 2013, la tenue de l’objectif gouvernemental de 3%. L’assemblée générale de Dexia destinée à approuver l’opération se tient le 21 décembre.

A lire aussi