La Place propose de lancer un fonds de financement de l'économie française

le 30/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Inspiré du Fonds de réserve pour les retraites, ce projet défendu par l'Amafi serait notamment investi dans les PME et ETI hexagonales

«On est le seul pays qui n’a pas d’investisseurs naturels en actions», a souligné Pierre de Lauzun. Photo: dr

La Place de Paris veut améliorer l’accès au financement des entreprises, qu’elles soient petites, moyennes, ou de taille intermédiaire, en créant un Fonds de financement de l’économie française (FFEF). Inspiré du Fonds de réserve pour les retraites aujourd’hui en voie d’extinction, il serait consacré au financement de long terme à l’heure où les régulations prudentielles en préparation pénalisent le crédit bancaire et découragent l’investissement en actions.

«On est le seul pays qui n’a pas d’investisseurs naturels en actions», a souligné Pierre de Lauzun, délégué général de l’Association française des marchés financiers (Amafi) lors d’une conférence hier. Alors que l’assurance vie est le principal véhicule français de financement en actions, la fiscalité la pénalise et les compagnies doivent s’adapter à Solvabilité 2 et réduire leur détention d’actions.

Contrairement aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, la France n’a pas de grands fonds de pension. La Place propose donc de mettre en place un véhicule sous ombrelle publique et à gouvernance paritaire. Selon ses représentants, le FFEF pourrait recueillir «plusieurs dizaines de milliards d’euros» de capitaux qui proviendraient de «fonds de dotation, comme ceux du grand emprunt ou de divers fonds issus des régimes publics et privés de prévoyance».

Comme son nom l’indique, le fonds aurait un biais de gestion domestique et les mandats seraient attribués à des sociétés hexagonales. Le FFEF aurait une allocation d’actifs privilégiant les fonds propres et la dette d’entreprise. Idéalement, un quart des investissements serait réalisé dans des PME et des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Le FFEF pourrait aussi investir dans des titrisations de portefeuilles de crédits aux PME ou dans des quasi-fonds propres.

Le projet n'est qu'au stade embryonnaire et ne pourra se faire sans un soutien politique. L'Amafi souligne que cette initiative est complémentaire au lancement de la Banque publique d’investissement et à d'autres mesures. L'association attend avec impatience les conclusions du rapport sur l’épargne longue demandé par le gouvernement aux députés Karine Berger et Dominique Lefebvre. Elle est d’ores et déjà assez favorable à l’idée de créer un PEA-PME avancée par François Hollande et insiste pour que la fiscalité favorise la détention d’actions de long terme. De leur côté, les banques espèrent obtenir une baisse du taux de centralisation des fonds du Livret A.

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