Le projet de base de données consolidée européenne refait surface

le 29/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La société britannique The Coba Project propose un schéma d'organisation aux acteurs du marché. La «consolidated tape» serait lancée en 2013.

Le projet de base de données consolidée des transactions effectuées sur les marchés actions européens semble prendre corps. Dans une lettre, rendue publique hier, la société britannique, The Coba Projet, propose aux Bourses, plates-formes alternatives, banques d’investissements, courtiers et distributeurs de données, de se mettre d’accord sur un schéma d’organisation de la publication des données.

The Coba Project a été lancé il y a moins d'un an par deux vétérans du marché, Graham Dick, ancien patron de Chi-X Europe et Mark Schaedel, ancien responsable des données de marché chez Nyse Euronext. Les deux professionnels veulent tirer les leçons de la mise en œuvre de la directive MIF en 2007. Depuis cette date, les lieux d’échanges se sont multipliés, au point qu’il n’est pas évident d’avoir une vue d’ensemble des transactions qui sont réalisées, sur les différents marchés, et de gré à gré.

L’industrie a été invitée à s’emparer du sujet mais en vain car le modèle économique est difficile à trouver. A Bruxelles, les législateurs se penchent sur le projet dans le cadre de la révision de la directive MIF. «Si l‘industrie ne propose pas de solution à ce problème, c’est le régulateur qui va l’imposer, explique Graham Dick à L’Agefi. C’est le moment pour l’industrie de s’engager».

Concrètement, The Coba Project propose d’établir un administrateur de base de données qui superviserait les vendeurs. Ceux-ci fourniraient des bases de données pré et post-négociation. Celles-ci seraient vendues à un prix pré-défini et «raisonnable» aux utilisateurs. Les revenus seraient ensuite redistribués, par les soins de l'administrateur, aux plates-formes d’échanges à l'origine des informations.

Pour lancer la première phase du projet au deuxième trimestre 2013, The Coba Project appelle les plates-formes d’échanges et les potentiels vendeurs de données à valider son modèle de distribution des revenus ainsi que les standards de diffusion des données qui seront utilisés (l’industrie vient de finaliser une proposition de standards).

«Si on a quatre ou cinq Bourses, trois ou quatre plates-formes alternatives (MTF) et des représentants du buy-side et du sell-side, on aura une bonne base», estime Graham Dick. Certains pourraient cependant attendre la fin des négociations sur MIF 2. «Tout le monde étudie de très près la réglementation mais personne ne va se positionner maintenant», avance un connaisseur du dossier.

A lire aussi