Les Etats-Unis reconnaissent les efforts de Pékin en matière de change

le 29/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dans son rapport bisannuel sur les changes adressé au Congrès, le Trésor américain refuse de qualifier la Chine de «manipulateur de devise»

La Chine bénéficie de la mansuétude de Barack Obama. Alors que l’infortuné candidat républicain à la présidence des Etats-Unis, Mitt Romney, prévoyait de durcir le ton sur la sous-évaluation du yuan, le département du Trésor américain a refusé de qualifier la Chine de «manipulateur de devise». Pékin «a significativement réduit le niveau d’intervention officielle sur le marché des changes depuis le troisième trimestre 2011», estime ainsi le Trésor dans un communiqué accompagnant son rapport bisannuel sur les changes adressé au Congrès.

Le yuan s’est apprécié de 12,6% en termes réels depuis juin 2010. «La politique de change chinoise n’est en réalité pas un outil d’ajustement économique de court terme, mais plutôt une stratégie de long terme issue d’un compromis politique parmi plusieurs intérêts», explique la société de gestion GaveKal. D’ailleurs, la parité du renminbi bat régulièrement ses plus hauts niveaux historiques depuis quelques semaines. Lundi, elle a atteint 6,2223 contre dollar, son niveau le plus élevé depuis l’unification des régimes de change fin 1993.

Si le Trésor américain estime que le yuan «demeure significativement sous-évalué», il reconnaît les efforts continus de Pékin. Dans ce contexte, nul doute que l’intervention du gouverneur de la Banque Populaire de Chine (PBOC), Zhou Xiaochuan, il y a deux semaines indiquant que «la prochaine étape concernant le yuan sera la réforme vers sa convertibilité» a pesé. Ainsi que les réformes opérées pour développer le marché obligataire, et l’ouverture progressive des marchés chinois aux investisseurs internationaux, notamment grâce au programme QFII.

«Un taux de change plus libre conduirait à la réduction des subventions aux exportations, à favoriser les investissements dans les biens échangeables et à ralentir le rythme d’accumulation de réserves de change», rappelle GaveKal. La PBOC a déjà fortement réduit ses achats de dollars aux banques commerciales afin de favoriser les transactions interbancaires, ce qui a conduit à un ralentissement de la hausse des réserves de change à 18,7 milliards de dollars par trimestre en moyenne, contre 140 milliards en moyenne sur 2011.

Dans le même temps, l’utilisation du yuan comme devise dans les règlements commerciaux s’accroît progressivement. En juillet et août derniers, 12,3% des échanges chinois étaient réglés en yuans, contre 10,7% au premier semestre.

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