Le Brésil utilise l'arme monétaire pour relancer la croissance

le 29/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque centrale a décidé hier de maintenir le taux Selic inchangé à 7,25% pour une période prolongée, malgré un taux d'inflation à 5,64%

Le Brésil compte maintenir une politique accommodante sur une période prolongée. A l’issue de la réunion mensuelle du comité de politique monétaire, la banque centrale a décidé à l’unanimité de ses membres de laisser le taux Selic inchangé à 7,25%. « Compte tenu de l’équilibre des risques d’inflation, de la reprise de l’activité domestique et de la complexité entourant le contexte international, le comité a considéré que la stabilité des conditions monétaires pour une période de temps suffisamment longue était la stratégie adaptée pour garantir la convergence du taux d’inflation vers sa cible, même si la trajectoire ne sera pas linéaire » a ainsi expliqué l’autorité.

Le Brésil met ainsi fin à un cycle d’assouplissement débuté en août 2011 et qui a été caractérisé par des baisses totales du taux Selic de 525 points de base (pb). L’inflation a atteint 5,64% mi-novembre, soit le haut de la fourchette cible de 2,5 à 6,5% de la banque centrale.

Or, le ministre des finances du pays, Guido Mantega, a indiqué qu’il s’attendait à un rythme de croissance annuel de l’économie brésilienne d’au moins 4% au troisième trimestre, soit entre 1,0 et 1,3% d’un trimestre à l’autre, en ligne avec le consensus Reuters qui table sur une croissance de 1,2%. « Nous clôturerons l’année 2012 avec une économie en situation de reprise et en mode croissance » a ainsi déclaré Guido Mantega lors d’une conférence de presse.

Le gouvernement de Dilma Rousseff compte ainsi récolter les fruits des baisses de taux directeurs ainsi que du plan de relance massif de quelque 66 milliards de dollars lancé l’été dernier et ciblant les investissements dans les infrastructures ainsi que des réductions d’impôts. Mardi, la Banque publique d’investissement BNDES a annoncé un investissement de près de 11 milliards de dollars à Norte Energia pour réaliser la construction d’un barrage hydroélectrique en Amazonie.

Guido Mantega s’attend en outre à maintenir ce rythme l’année prochaine ainsi qu’en 2014, après une croissance de 2,7% en 2011 et qui devrait avoir ralenti à seulement 2% sur l’année 2012. Le consensus Reuters prévoit également un rebond de la croissance à 3,9% en 2013, en ligne avec les prévisions de l’enquête menée par la banque centrale. Cependant, certains économistes se montrent moins optimistes sur l’efficacité du plan de relance brésilien, Morgan Stanley tablant par exemple sur un rebond limité à 2,8% en 2013.

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