Dette : la part des Etats n’est pas la seule en cause

le 27/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les autres agents économiques sont souvent un facteur de déséquilibre fondamental, comme l'ont montré les exemples irlandais ou espagnol

On a largement débattu ces dernières années du degré de soutenabilité de la dette souveraine des Etats dits «périphériques». Mais on néglige souvent le fait que l’endettement d’un pays ne concerne pas seulement l’Etat mais l’ensemble des acteurs économiques. La crise financière l’a amplement illustré dans des pays comme l’Irlande, le Royaume-Uni ou l’Espagne, en montrant que si le fardeau de l’endettement des ménages ou des entreprises est trop élevé, le secteur financier se trouve rapidement étranglé par le poids des créances douteuses, poussant l’Etat à reprendre une partie de ses engagements.

Le graphique ci-contre, qui compile les ratios d’endettement par rapport au PIB de plusieurs catégories d’agents économiques (sur la base de statistiques arrêtées au 2e trimestre 2011), montre que les pays les plus stigmatisés - comme la Grèce - ne sont pas forcément les plus mauvais élèves. Si le poids de la dette publique grecque est un des plus élevés, l’endettement total du pays - intégrant la dette des ménages, des entreprises et des institutions financières - était en 2011 en deçà de 300% du PIB. Soit un niveau largement inférieur à ceux de l’Irlande (663%), du Royaume-Uni (507%) ou encore de la France (346%) !

Le poids de l’ensemble de ces dettes dans la richesse nationale signifie non seulement que les économies occidentales vont devoir faire face à un long processus de désendettement, mais que l’ensemble de ces dettes ne sera vraisemblablement pas remboursé. Cette perspective milite en faveur de stratégies permettant de diminuer l’impact lié à la matérialisation de risques extrêmes et s’appuyant sur une large diversification des moteurs de performance.

nuno.teixeira@schroders.com

Composition des dettes
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