«Le risque de regain de tension sur les taux français paraît modéré»

le 26/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC

- L'Agefi : La Grèce semble condamnée à restructurer de nouveau sa dette. Les principaux contributeurs pourraient être les créanciers publics, ce qui pèsera sur leur déficit. Est-ce de nature à inquiéter les marchés ?

- Jean-Louis Mourier : L’impact d’une telle décision, si elle doit finalement être prise, est ambigu a priori. Une nouvelle restriction de la dette de l’Etat grec paraît inévitable. Un accord sur ce point permettrait de rassurer les investisseurs sur la pérennité de l’euro. En revanche, et Moody’s y a fait allusion dans le communiqué sur l’abaissement de la note souveraine de la France, le coût des soutiens aux membres «fragiles» de la zone euro fragilise tous les pays participants. Les Allemands souhaitent un processus qui n’engendrerait pas de perte pour les créanciers publics de la Grèce. Mission difficile…

- Les taux d'intérêt sur la dette publique française sont au plus bas. Y a-t-il un risque de regain de tension alors que certains considèrent la France comme le futur maillon faible de l’Europe ?

- Ce risque apparaît modéré si le gouvernement parvient à mettre en œuvre les réformes annoncées et s’il suit son programme de réduction des déficits. De ce point de vue, les investisseurs attendent impatiemment les détails des deux volets de baisse annoncée de la dépense publique. Par ailleurs, alors que les hypothèses de croissance sur lesquelles ont été bâtis le budget 2013 et le programme pluriannuel de réduction du déficit paraissent trop élevées, il paraît plus important de suivre le chemin décrit pour le solde structurel que de s’attacher au ratio du déficit total rapporté au PIB.

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