Les ETF crédits prennent un virage risqué vers la dette bancaire

le 19/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La recherche de rendement pousse des promoteurs américains de fonds indiciels cotés à se diversifier en répliquant la performance des leveraged loans

En quête de rendements élevés, certains ETF (exchange-traded funds) misent sur les prêts bancaires accordés à des emprunteurs en catégorie spéculative (leveraged loans). Après avoir amassé un montant record de collecte au premier semestre 2012, plusieurs fonds indiciels cotés sur le crédit sont en train d’amorcer un virage en répliquant la performance de prêts bancaires alors que le rally observé sur la dette high yield depuis plusieurs mois semble toucher à sa fin.

Le fonds Blackstone, prévoit ainsi de lancer son premier ETF centré sur les prêts bancaires à levier, a rapporté l’agence Bloomberg. Le numéro un mondial du private equity rejoint ainsi Pyxis Capital qui a annoncé la création d’un fonds du même type au début du mois de novembre. De son côté, Invesco PowerShares basé à Dallas a joué le rôle de précurseur il y a deux ans en lançant le premier fonds indiciel entièrement tourné vers cette sous-classe d'actifs pour développer aujourd’hui le troisième ETF indexé sur la performance de prêts bancaires avec 1,2 milliard de dollars d’actifs détenus en portefeuille.

«Le marché des ETF sur la dette bancaire senior issue des prêts se développe principalement aux Etats-Unis mais il reste encore limité en terme de montants, souligne Olivier Paquier, directeur SPDR ETF pour la France. On ne constate pas la même tendance en Europe où notamment la réglementation rend difficile le lancement d'ETF sur ce type de sous-jacents ». Le renforcement des règles de transparence dans le cadre des recommandations de l’Esma, le régulateur européen des marchés financiers, implique que les fournisseurs d’indices puissent réaliser une valorisation réaliste et compréhensible des titres qui vont composer l’indice de référence pour les ETF. Or, cela paraît aujourd'hui complexe pour ce type de prêts, risqués, peu liquides et traités de gré à gré sur le marché secondaire.

En coulisse, malgré la faible taille du marché, certains professionnels n’hésitent pas à pointer les dangers qui pourraient être liés à ces nouveaux instruments financiers, qui servent notamment à financer des LBO. Comme pour d’autres produits dérivés dont certains ont été à l’origine de la crise de 2007, le risque pourrait venir des sous-jacents dont la qualité médiocre rejaillirait sur les porteurs, qui sont des institutionnels mais aussi des particuliers, nombreux aux Etats-Unis.

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