La zone euro s'installe dans la récession

le 16/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le quatrième trimestre est mal engagé alors que la crise rattrape l'Allemagne

La zone euro entre de nouveau en récession, pour la deuxième fois depuis 2009. Illustration : L'Agefi.

Les politiques d'austérité pèsent sur la croissance en Europe. Le PIB des Dix-Sept a reculé de 0,1% au troisième trimestre après un repli de 0,2% au trimestre précédent, selon Eurostat. Cette baisse moins importante que prévu signe toutefois l’entrée de la zone euro dans une nouvelle phase de récession, la deuxième depuis 2009. La France y échappe de peu grâce à une légère croissance trimestrielle de 0,2% qui succède à une contraction. Même l’Allemagne donne des signes de net ralentissement avec une croissance modeste.

La crise économique se propage à l'ensemble de la zone euro. Au troisième trimestre l’Allemagne est restée dans le vert avec une croissance de 0,2% tirée par la consommation et les exportations. Mais après une hausse de 0,3% au deuxième trimestre, et 0,5% au trimestre précédent, la première économie de la zone euro donne elle aussi des signes d’essoufflement. Les économistes s’attendent désormais à un nouveau coup de frein au quatrième trimestre.

Pour Carsten Brezski,  chez ING, «l’économie allemande a une nouvelle fois défié les chants du cygne» mais «les perspectives sont loin d’être roses du moins à court terme». Il évoque l’effondrement récent des commandes à l’industrie (-3,3% en septembre sur un mois) et de la production industrielle (-1,8%). Le recul en octobre pour le sixième mois consécutif, de l’indice de confiance des entrepreneurs Ifo à son plus bas niveau depuis deux ans inquiète aussi. «Pour le quatrième trimestre, l'Allemagne est le pays où les risques de déception sont les plus importants par rapport à nos prévisions», soulignent les économistes de Credit Suisse.

Après une croissance de 4,2% en 2010, et de 3% l’an dernier, le poids lourd de l’économie européenne est rattrapé par la crise de la zone euro qui absorbe 40% de ses exportations. Pour cette année, le gouvernement allemand table sur une croissance modeste de 0,8% et de 1% pour 2013.

Hier lors d’une visite à Angela Merkel à Berlin, Jean-Marc Ayrault a réitéré son objectif de réduction du déficit français à 3% du PIB l’an prochain. Dépeinte par certains comme le nouveau malade de l’Europe, l’économie hexagonale a déjoué les prévisions des économistes en affichant un léger rebond à 0,2% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, selon l’Inse, ce qui lui permet d’échapper de justesse à la récession.

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a toutefois révisé à la baisse sa prévision de croissance pour le deuxième trimestre qui s'inscrit en recul de 0,1% alors qu’elle tablait sur une croissance nulle sur la période. Une fois de plus l’Insee se démarque des prévisions de la Banque de France qui avait prédit un recul de l’activité de 0,1% au troisième trimestre, et anticipe une entrée du pays dans la récession au quatrième trimestre.

Le signe encourageant est venu de l'Italie, où la contraction de 0,2% du PIB moins forte qu’anticipé sur le trimestre écoulé semble rapprocher le pays d’une sortie de crise. Mais la situation reste préoccupante notamment en Grèce et en Espagne. L’économie espagnole a continué de refluer de 0,3% de juillet à septembre. Engagée dans une longue période d'austérité budgétaire, la zone euro mettra du temps avant de renouer avec la prospérité.

La zone euro entre de nouveau en récession, pour la deuxième fois depuis 2009. Illustration : L'Agefi.
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La zone euro entre de nouveau en récession, pour la deuxième fois depuis 2009. Illustration : L'Agefi.

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