Les ministres européens se donnent du temps pour revoir le programme grec

le 13/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Grèce ne devrait pas dégager d’excédent primaire avant 2014, selon les experts de la troïka, et encore un modeste 1,5 milliard d’euros

Les dirigeants européens ont finalement dû mettre des chiffres sur la dégradation de la situation en Grèce. Un projet de rapport préparé par les créanciers publics (BCE, FMI et Union européenne) dresse un constat alarmant. La Grèce ne devrait pas dégager d’excédent primaire avant 2014, selon les experts de la troïka, et encore un modeste 1,5 milliard d’euros. L’écart est considérable avec les projections de mars 2012 qui faisaient apparaître un excédent primaire de 3,6 milliards d’euros dès 2014 et de 9,2 milliards d’euros en 2015.

Les ministres des Dix-Sept devaient la nuit dernière mettre sur pied une solution provisoire, assortie d’un calendrier de vérification des «actions prioritaires» déjà définies début 2012. Faute d’accord entre les parties, une nouvelle réunion des ministres des Finances est prévue mardi prochain, le 20 novembre, pour débatte du «cas grec», a annoncé Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe.

Depuis plusieurs mois, les créanciers publics de la Grèce savent que cette trajectoire optimiste définie suite au PSI n’est pas tenable, mais ont préféré ne pas mettre à jour leurs hypothèses macro-économiques pour masquer leurs profondes divergences sur les modalités d’une révision du plan grec. En arrivant à Bruxelles, Pierre Moscovici avait déclaré: « tout ne sera pas résolu mais je souhaite un accord politique (ce soir) ». Le ministre français fait partie de ceux qui souhaitent dissocier l’analyse de la soutenabilité de la dette grecque, d’un côté, et le déblocage de la tranche de 31,2 milliards qu’attend Athènes. Une option vigoureusement rejetée par le Fonds monétaire international. « Nous ne sommes pas venus pour une solution d’urgence mais pour une solution durable », a dit sa directrice générale Christine Lagarde, en arrivant à Bruxelles.

Signe des aléas du programme grec, l’annonce des conditions de la recapitalisation des banques par le gouvernement Samaras lundi a pesé sur les valeurs bancaires. Leur indice a perdu 14% dans la journée, à cause de l’effet de dilution attendu. Les émissions d’actions appelées à être souscrites par le Fonds hellénique de stabilité financière (FHSF) se feront avec une décote de 50% et les obligations convertibles devront être assorties d’un coupon de 7%. Selon le projet de rapport de la troïka, la part des mauvaises créances dans les bilans bancaires pointait vers les 20% début 2012 contre encore 10% en 2010.

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