Bruxelles bat en brèche les prévisions économiques de Madrid

le 07/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Commission tablerait sur une récession de 1,5 % en 2013, le triple de la prévision du gouvernement. Même pessimisme sur le déficit

L’Espagne est loin d'être sortie de la crise. C’est ainsi que l’on pourrait résumer les prévisions économiques de la Commission européenne sur l’Espagne, qui augure une contraction du PIB de 1,6% en 2012 et de 1,5% en 2013 ainsi qu'un déficit public de 8% pour cette année.

Les chiffres de Bruxelles, qui devraient être publiés aujourd'hui, contrastent avec les prévisions du gouvernement espagnol. Celui-ci table sur un recul du PIB de 1,5% en 2012 et de 0,5% en 2013. Ils viennent contrecarrer l’optimisme affiché par Madrid, qui voit déjà apparaître les premiers «bourgeons» du redressement.

Les économistes de BBVA arrivent à des conclusions proches de celles émises par Bruxelles: «l'économie espagnole continue le processus d'ajustement de son activité et de l'emploi qui, dans le scénario le plus probable, se prolongera jusqu'à la première moitié de 2013, ce qui supposera une chute du PIB de 1,4%, tant pour cette année que pour la suivante», peut-on lire dans leur rapport, publié hier.

Selon le quotidien El País, le plus préoccupant, ce sont les prévisions de la Commission sur le déficit public espagnol, qui atteindra 8% en fin d’année et 7%, si l'on exclut l’effet de la recapitalisation des banques. Bruxelles table sur un déficit public de 6% en 2013 et de 5,8% en 2014 contre 4,5% et 2,8% respectivement, selon le gouvernement espagnol. C’est sur la base de ces chiffres que Madrid a fait ses calculs pour établir son budget 2013, en engageant un programme d’austérité, visant à récupérer, via économies et hausses d’impôts, 150 milliards d’euros jusqu’en 2014. Pour Bruxelles, la consolidation fiscale n’a pratiquement pas avancé dans les huit premiers mois de l’année car une bonne partie des économies a été engloutie par la chute des recettes fiscales, les remboursements des intérêts de la dette et l’augmentation des dépenses sociales.

Même verdict chez BBVA: «malgré les progrès importants réalisés dans la réduction des dépenses publiques, ce ne sera pas suffisant pour atteindre l’objectif de déficit pour la fin de l’année, en raison de la détérioration des recettes».

Seuls les pronostics d'évolution sur la dette publique rejoindraient ceux du gouvernement de Mariano Rajoy. Alors que la Commission européenne prévoit que la dette publique espagnole passera de 83,7% en 2012 à 93,7% en 2014, l’exécutif espagnol table sur 85,3% en 2012 et 90,5% en 2014.

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