Le mur budgétaire américain et la crise de la dette européenne mobilisent le G-20 Finances

le 05/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Réunis pour deux jours au Mexique, les ministres des Finances du G-20 pointent des risques élevés pour la croissance mondiale

Malgré un timing peu favorable, à quelques jours de l'élection présidentielle américaine et du congrès du parti communiste chinois, les ministres des Finances des pays du G-20 ont commencé à débattre hier à Mexico des menaces planant sur l'économie mondiale. «La croissance mondiale demeure modeste et les risques restent élevés, en raison de possibles retards dans la mise en œuvre complexe de récentes décisions en Europe, d'un sévère durcissement budgétaire potentiel aux Etats-Unis et au Japon, du ralentissement de la croissance dans certains marchés émergents et de chocs additionnels sur l'offre dans certains marchés de matières premières», indiquait hier soir un projet de communiqué.

La perspective d'un «mur budgétaire» (fiscal cliff) aux Etats-Unis faisait partie des sujets de préoccupation. «La question la plus pressante pour celui qui gagnera l'élection présidentielle de cette semaine sera de travailler avec le Congrès pour éviter le 'mur budgétaire'», a ainsi estimé Wayne Swan, le ministre des Finances australien. Si un accord n'est pas trouvé, 600 milliards de dollars de réductions de dépenses publiques et de hausses d'impôts entreront en vigueur au 1er janvier. Un scénario catastrophe pour une économie américaine convalescente. Mais le calendrier politique américain entrave la réflexion. «L'administration américaine dit qu'elle ne veut pas aller dans le mur, mais en même temps elle ne peut pas dire comment elle va procéder car tout est gelé avant l'élection», a confié hier à Reuters un responsable du G20. Angel Gurria, le secrétaire général de l'OCDE s'est voulu pour sa part rassurant en prédisant un accord au Congrès.

En ce qui concerne la situation sur le Vieux Continent, Angel Gurria a préparé les esprits à une demande d'aide de l'Espagne, estimant que le pays avait «fait ses devoirs». «Si l'Espagne se décide à y aller, nous devrions émettre des signaux très forts indiquant que cela est bienvenu et que le système sera prêt à soutenir un membre de la famille», a-t-il ajouté. Enfin, pour ce qui est de Bâle 3, un représentant du ministère mexicain des Finances a affirmé qu'une modification du calendrier de mise en œuvre des nouvelles normes ne serait pas au menu de ce G-20 Finances.

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