L'industrie des ETF écarte la perspective d'une guerre des prix en Europe

le 05/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La structure du marché européen, dominé par la clientèle institutionnelle, se révèle très différente des Etats-Unis, où les baisses de tarifs s'enchaînent

ETF: l'Europe pas prête à une guerre des tarifs. Illustration: PHB/Agefi

A l’heure où plusieurs grands gérants d'ETF se livrent à une guerre des prix aux Etats-Unis, Lyxor Asset Management (AM), en réduisant également ses frais de gestion sur certains fonds indiciels cotés, a soulevé la question d’une éventuelle propagation vers l’Europe. Toutefois, ce mouvement ne semble pas avoir vocation à émerger au sein du Vieux Continent, estiment les professionnels.

«Il n’y a pas de guerre des prix en Europe», indique à L’Agefi Olivier Paquier, directeur SPDR ETF chez State Street Global Advisors en France. Ce constat est partagé par Alain Dubois, président de Lyxor AM, qui indique que la réduction des frais de gestion sur certains de ses ETF «correspond à un ajustement par rapport au secteur ».

«Le marché américain des ETF, composé majoritairement d’investisseurs particuliers qui représentent environ 60% des volumes, est très différent du marché européen, dominé par les institutionnels. Si les frais de gestion se révèlent être parmi les plus visibles pour les particuliers, les institutionnels ont une vision plus globale et s’intéressent essentiellement à la performance», explique Ludovic Djebali, directeur des ventes chez Source. «Nos clients considèrent l’ensemble des frais de détention, et plus spécifiquement la tracking error (écart de suivi avec l’indice de référence). Les frais de gestion ne peuvent expliquer à eux seuls le coût d’un ETF», renchérit Olivier Paquier.

«Certains gérants européens ont réduit leurs frais de gestion, mais n’ont pas pour autant réussi à gagner des parts de marché, poursuit Ludovic Djebali. Cette logique n’est pas adaptée au marché européen car les investisseurs comprennent que cette approche n’a qu’un impact limité sur le coût total de détention du produit ».

Aux Etats-Unis, certains gérants ont plus que divisé par deux leurs frais de gestion déjà très faibles (quelques points de base), à l’image d’acteurs comme Charles Schwab et Vanguard. Ce dernier a toutefois annoncé un changement de l’indice de référence en vue de réduire ses frais de licence, passant du MSCI au Footsie. Cette modification peut se révéler problématique pour une clientèle institutionnelle, en raison des différences de pondération entre les indices.

A fin juillet, le marché des ETF représentait 1.083 milliards de dollars (835 milliards d’euros) d’encours aux Etats-Unis, contre 284 milliards de dollars en Europe, selon ETFGI.

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