«Le risque est asymétrique entre une baisse limitée et une hausse plus importante»

le 29/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Claire Chaves d’Oliveira, directrice de la gestion actions chez Groupama AM

- L’Agefi : La très faible croissance économique en Europe finira-t-elle par peser sur la hausse des marchés actions ?

- Claire Chaves d’Oliveira: Les marchés actions n’ont pas monté cet été en raison d’une amélioration macroéconomique, bien au contraire, mais grâce à l’effacement du risque extrême que constituait la crise de l’euro (et la menace de son éclatement). Les mesures non conventionnelles des banques centrales, même si leur mise en œuvre tarde à se concrétiser notamment en Europe, constituent une protection à la baisse. Les fondamentaux macroéconomiques sont très peu favorables, mais le point bas annoncé au quatrième trimestre est largement attendu par les investisseurs, et pris en compte d’ores et déjà par le marché. A contrario, tout signe d’inflexion (point bas, ralentissement moindre, etc.) sera pris comme une très bonne nouvelle. Il nous semble donc que le risque est asymétrique entre une baisse limitée et une hausse plus importante.

- Les consensus de résultats pour 2012 et 2013 sont-ils encore trop élevés ?

- A vrai dire, les consensus sont presque toujours trop élevés… le paradoxe est que cette opinion est celle de la plupart des investisseurs. Les mauvais résultats publiés ces jours-ci n’ont qu’un impact limité sur les cours car largement anticipés, avec peu d’effet de contagion (ce qui est moins le cas aux Etats-Unis où l’optimisme est plus élevé et l’effet de surprise plus grand). Une fois n’est pas coutume, le consensus a moins d’importance en ce moment que les variations de l’appétit pour le risque et les flux de capitaux, qui pourraient, enfin, revenir vers les marchés actions européens.

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