Pékin laisse le yuan atteindre des sommets face au dollar

le 29/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La devise a touché un plus haut depuis 1994, mais la volatilité reste limitée à 2,1%, contre 4,85% en moyenne pour les devises asiatiques

Longtemps enfermé dans une évolution prévisible, le yuan semble évoluer de manière plus volatile depuis le début de l’année. La devise chinoise s’est appréciée vendredi à un nouveau record contre dollar depuis le lancement du nouveau régime de change unifié en 1994, tombant à une parité de 6,238, point bas limite de la bande de fluctuation quotidienne autorisée par la Banque Populaire (PBOC). Ce matin, la PBOC relevait le fixing quotidien de 0,3% à 6,2992, un plus haut depuis le 11 mai.

«La PBOC intervient nettement moins sur les marchés monétaires ces derniers jours, et le marché profite à plein de la bande de fluctuation autorisée», estime RBS. A Hong Kong, le yuan s’appréciait vendredi de 0,13% pour se hisser à un niveau de 6,238 et les contrats à un an affichent une décote de 1,5% par rapport à la cotation au comptant. La volatilité implicite à un an du yuan à Shanghai progressait de 4 pb à 1,59%. L’appréciation atteint 0,8% depuis le début de l’année, alors que la devise se dépréciait de 1,6% en juillet dernier.

Le renforcement du renminbi s’est accéléré en octobre, avec un gain de 0,75%, après 0,14% sur les neuf premiers mois. A l'approche des élections aux Etats-Unis, Pékin veut éviter de faire du yuan un sujet de campagne. Les derniers chiffres d’activité indiquant une stabilisation de la croissance ont aussi soutenu la tendance. «Malgré un ralentissement de la croissance à 7,4% au troisième trimestre, une série d’indicateurs montre une amélioration claire de la tendance» estime GaveKal. Sur le premier semestre, la valeur des exportations chinoises a progressé de 9,2%, contre une croissance des exportations mondiales de 1,7%. L’indice PMI publié par HSBC a montré un rebond de l’activité du secteur manufacturier en octobre.

Si ce retournement de tendance depuis l’été peut paraître paradoxal compte tenu des inquiétudes qui ont pesé sur le ralentissement en Chine, il correspond à une volonté politique d’internationalisation de l’utilisation de la devise. «La politique de change de Pékin reste identique: accepter une appréciation sur le long terme (même si elle se fait à un rythme moins élevé qu’entre 2005 et 2011), mais promouvoir une plus forte volatilité pour décourager les prises de positions dans un sens unique», explique GaveKal. La volatilité du yuan reste cependant limitée par la bande de fluctuation, à 2,1% sur le mois d’octobre, contre 6,52% pour le won coréen, et 4,85% en moyenne pour les devises asiatiques, selon RBS.

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