La BoJ doit venir au secours d'une économie japonaise au bord du gouffre fiscal

le 26/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Faute d'accord sur une loi lui permettant de financer son déficit, le gouvernement tient aujourd’hui une réunion de crise avec ses créanciers

La BoJ n’a plus le choix. Elle est contrainte de livrer une nouvelle rallonge dans son programme d’assouplissement monétaire à sa prochaine réunion qui se tiendra mardi. 26 des 27 économistes interrogés par Bloomberg anticipent un tel geste. La chute du yen qui est repassé au-dessus du seuil symbolique des 80 contre dollar, à 80,38 ce matin, montre que les attentes des marchés vis-à-vis de la BoJ sont également fortes.

L’omniprésent ministre des Finances, Seiji Maehara, a d’ailleurs réitéré ce matin sa volonté de voir la banque centrale frapper un grand coup. «Les banques centrales de par le monde assouplissent leur politique monétaire. La BoJ elle-même a fixé un objectif de retour à 1% d’inflation d’ici février, mais cela n’a pas été fait» a-t-il ainsi indiqué. D’autant que les prix à la consommation ont connu leur cinquième mois de contraction en septembre à -0,1%, selon les chiffres publiés ce matin. «Nous devrons certainement attendre 2015 pour voir la fin de la déflation» estime le gestionnaire d'actifs Itochu.

Ce matin, le gouvernement a également approuvé un plan de relance de 422,6 milliards de yens, dont plus de la moitié (264,3 milliards) visant à encourager l’investissement des entreprises dans des secteurs touchés par le séisme de l’an passé. 105 milliards seront consacrés à promouvoir l’utilisation d’énergies renouvelables dans les foyers nippons, et 30 autres milliards à l’éducation et à la formation. Un plan qui sera intégralement compris dans le budget de 90.300 milliards pour l’année fiscale 2012/2013, signe que les marges de manœuvre budgétaires du gouvernement sont extrêmement limitées.

D’ailleurs, selon le Nikkei, l’Etat prévoit une privatisation de Japan Post Holdings, le plus gros détenteur de l’épargne des japonais, en 2015 qui pourrait lui rapporter jusqu’à 7.000 milliards de yens.

Le pays connaît un «fiscal cliff» de grande ampleur. Le gouvernement qui ne réussit pas à s’accorder sur une loi lui permettant d’emprunter les 38.300 milliards de yens nécessaires pour financer le déficit public, va tenir une réunion de crise avec ses créanciers aujourd’hui. Nomura estime que si un accord n’est pas trouvé d’ici la fin de l’année, les besoins de financement exploseront de 8.500 milliards au quatrième trimestre 2012 à 20.700 milliards au premier trimestre 2013. De quoi pénaliser la croissance de respectivement 7,6 et 6,2 points de pourcentage.

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