La Banque d'Angleterre aura à tenir compte de la sortie de récession

le 26/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La croissance du PIB de 1% au troisième trimestre, gonflée par des effets temporaires, pourrait amener la BoE à rester l'arme au pied en novembre

Le ciel s’éclaircit un peu outre-Manche. La publication, hier, d’une croissance du PIB britannique de 1% au troisième trimestre, en première estimation, a permis à la livre de s’adjuger 0,5% face au dollar et a conduit certains stratégistes à réviser leurs anticipations d’un nouveau programme d’assouplissement quantitatif de la Banque d’Angleterre le mois prochain. Après une contraction du PIB aux premier et deuxième trimestres, la Grande-Bretagne est officiellement sortie hier de sa deuxième récession depuis le début de la crise.

La qualité de la statistique laisse toutefois à désirer et invite à la prudence. La croissance a été portée par deux facteurs temporaires: le Jubilé de la Reine, assorti d’un jour férié, avait pénalisé l’activité au deuxième trimestre, d’où le rebond au suivant, et les Jeux olympiques ont porté l’activité du troisième trimestre avec un effet de 0,2 point attribué aux seules ventes de tickets. «La croissance sous-jacente au troisième trimestre a sans doute été de 0,2-0,3% par rapport au précédent», souligne Michael Saunders, économiste chez Citigroup.

Sur un an, le PIB reste stable. La Grande-Bretagne se situe donc, en termes de performances, à mi-chemin entre les Etats-Unis et la plupart des économies d’Europe. Pas de quoi pavoiser: pour Azad Sangana, chez Schroders, la croissance sous-jacente «n’est pas assez forte pour protéger le pays contre les risques externes qui ont en partie contribué à la dernière récession, et le Royaume-Uni est exposé à un risque élevé de ‘triple dip’ en 2013», soit une troisième phase de contraction du PIB.

Mais dans l’immédiat, ceux qui pariaient, comme Credit Suisse, sur une pause dans le programme de rachats d’actifs de la BoE, dont l'échéance est fixée au mois prochain, sortent confortés de cette publication. «Même si le gain de PIB est probablement en partie temporaire, nous ne nous attendons plus à ce que le comité de politique monétaire prolonge son assouplissement quantitatif à la réunion de novembre», indique pour sa part Michael Saunders.

Les dernières minutes de la banque centrale montraient d'ailleurs que la BoE est divisée sur la question. Le sterling en a bénéficié hier, «mais le soutien que la devise devrait tirer de ces nouvelles devrait être très limité et a sans doute été épuisé par le gain d’hier», estime Robert Lynch, stratégiste change chez HSBC.

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