Les aides aux régions espagnoles gonflent le déficit public

le 24/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les appels au gouvernement central totalisent déjà 17 milliards d'euros. Moody's vient de passer l'Andalousie et l'Extrémadure en «junk»

Mauvaise note pour les régions espagnoles. Moody’s a dégradé de deux crans la dette de l’Andalousie, la Catalogne et Murcie et d’un cran celle de l’Extrémadure et la Castille. L’Andalousie et l’Extrémadure sont tombées dans la catégorie spéculative.

«L’abaissement de rating de cinq régions reflète leur dépendance à la liquidité apportée par l’Etat» via le Fonds régional de liquidité, «pour couvrir leurs échéances du second semestre 2012», relèvent des analystes du courtier Tullett Prebon.

Ce Fonds régional de liquidité, doté de 18 milliards d’euros, est en voie d’être complètement épuisé par les demandes successives d’aide de huit régions espagnoles, incapables de rembourser leurs crédits avant la fin de l’année. Le montant global de l’aide sollicitée totalise déjà 17,2 milliards d’euros tandis que la dette totale des régions se chiffre à 140,6 milliards d’euros, soit 13,1% du PIB espagnol, précise le courtier. Les dernières demandes en date ont été formulées par les Asturies et les Baléares, qui ont respectivement réclamé 62 millions et 355 millions d’euros. La dette publique des Baléares est particulièrement élevée: elle atteint 4,6 milliards d’euros, soit 17,5% de son PIB, bien au-dessus de la moyenne de 14,2% des 17 régions espagnoles, selon des estimations de la Banque d’Espagne.

Les experts estiment que les aides aux régions et celles aux banques pèseront sur l’endettement espagnol. Faute de recapitalisation directe par les fonds européens, le sauvetage du secteur financier risquerait de faire grimper la dette publique jusqu’à 85,3% du PIB fin 2012, tandis que «celui des régions la ferait augmenter jusqu’à 94-96%», estime Miguel Angel Bernal de l’Institut d’études boursières, ce qui obligerait Madrid à réviser ses prévisions à la hausse.

Pourtant, l'Espagne assure pouvoir atteindre en 2012 ses objectifs de déficit, incluant celui des régions et de la sécurité sociale, à 6,3% du PIB. Mais la Banque d’Espagne table sur une contraction du PIB de 1,7% en 2012, et prévoit que le déficit public pourrait dépasser l’objectif fixé pour cette année. Des estimations qui sont pour Miguel Angel Bernal plus réalistes que celles du gouvernement, qui prévoit un repli du PIB de 1,5% en 2012 et de 0,5% en 2013. Hier, la Banque d'Espagne a annoncé un cinquième trimestre d'affilée de contraction du PIB à fin septembre, de 0,4%.

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