« La diminution de la perception des risques extrêmes va continuer de se diffuser»

le 15/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jean-François Perrin, stratégiste senior en allocation d’actifs au Crédit Agricole

- L’Agefi : Pourquoi avez-vous récemment renforcé votre poche actions ?

- Jean-François Perrin : Les décisions prises par la BCE en terme de soutien aux pays de la zone euro en difficulté ont rendu beaucoup moins crédibles les différents scénarios catastrophes qui pouvaient circuler, et dont la probabilité était très surestimée. Cette diminution de la perception des risques extrêmes va continuer de se diffuser ce qui est positif pour les marchés actions. Si l’équation rendement/risque reste encore peu attractive, la récente consolidation du marché européen permet néanmoins de se repositionner à meilleur compte, d’où la légère surpondération. Celle-ci s’effectue notamment au dépend de valeurs refuges comme les taux américains, l’or et le yen, sur lesquels nous sommes réservés, d’où la diminution concomitante de notre poche alternatifs.

- Quelles autres classes d’actifs privilégiez-vous pour les prochains mois ?

- Comme depuis plusieurs mois, nous continuons de surpondérer les obligations souveraines espagnoles et italiennes – et portugaises pour les investisseurs qui peuvent se le permettre - notamment celles à faible maturité, ainsi que le crédit spéculatif européen. Si cette position peut a priori sembler risquée, rappelons que les titres obligataires restent toujours moins risqués que des actions de la même zone géographique. Ainsi, depuis la contamination de la crise de la dette souveraine à l’Italie et à l’Espagne (mi-2011), les obligations irlandaises, portugaises, italiennes et espagnoles ont progressé en moyenne de près de 10%, là ou les actions européennes ont reculé d’autant. Une réalité trop souvent oubliée.

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