L'immobilier et l'automobile s'illustrent aux Etats-Unis sur fond de croissance modeste

le 11/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Livre Beige de la Fed dresse le portrait d'une économie américaine toujours ankylosée par la situation du marché de l'emploi

Basé sur le relevé empirique des douze districts de la Fed jusqu'au 28 septembre dernier, le Livre Beige (Beige Book) publié hier soir montre une économie américaine toujours chancelante. L'activité ne s'est développée que «modestement» dans la plupart des régions, alors que New York a fait état d'une «stabilisation» et que Kansas City a témoigné d'un certain «ralentissement dans le rythme de croissance».

Le secteur automobile s'est avéré être particulièrement dynamique; les ventes de véhicules sur une base annualisée ont atteint 14,9 millions de véhicules en septembre, au-delà des attentes des analystes.

La synthèse pointe également la meilleure mine du marché immobilier. La plupart des districts ont ainsi signalé une hausse des ventes de logements existants. Mais d'un autre côté, les signes de fragilité ne manquent pas. «Les dépenses de consommation ont été généralement décrites comme stables ou légèrement en hausse par rapport au dernier rapport», relate le Livre Beige.

Et la plus grande inquiétude concerne toujours l'emploi. Les districts de Cleveland, Boston, Atlanta, Minneapolis et Dallas ont jugé ce marché «stable ou légèrement en hausse. Une demande stagnante et l'incertitude liée à l'élection présidentielle, à la politique budgétaire américaine et à la crise de la dette en Europe ont été citées par certains comme frein au recrutement».

Le taux de chômage reste à un niveau élevé aux Etats-Unis même s'il a connu une baisse surprise en septembre, passant de 8,1% à 7,8%. Ce blocage du marché de l'emploi a incité la Fed à lancer mi-septembre un troisième round d'assouplissement quantitatif (QE3). Hier, le président de la Fed de Minneapolis, Narayana Kocherlakota a estimé que la banque centrale américaine pourrait garder le taux des Fed funds à un niveau bas même si le taux de chômage aux Etats-Unis tombe à 5,5%. Lorsque cela arrivera, «la Fed pourrait prendre en compte d'autres données économiques à ce moment donné», a-t-il souligné lors d'un discours à Great Falls (Montana). Son collègue de San Francisco, John Williams, n'est pas aussi loin, estimant que les taux pourraient être maintenus à ces niveaux jusqu'à ce que le chômage tombe «quelque part» sous les 7% et aussi longtemps que l'inflation ne dépasse pas 2,5%.

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