Le ralentissement chinois entraîne la région asiatique dans son sillage

le 09/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Banque mondiale a réduit ses prévisions de croissance pour la Chine à 7,7% cette année, et à 7,2% pour l'Asie de l'Est et du Pacifique

La situation est grave mais pas désespérée. Tel est le message envoyé par la Banque mondiale dans un rapport publié hier dans lequel elle révise ses prévisions de croissance pour la Chine à la baisse de 0,5 point à 7,7% pour cette année, après 9,3% en 2011, son rythme le plus faible depuis onze ans.

La Banque asiatique de développement avait déjà réduit ses prévisions à 7,7%, et le FMI à 7,8% dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales publié cette nuit. En cause: les efforts du gouvernement pour lutter contre l’inflation notamment des prix immobiliers, ainsi que le ralentissement constaté aux Etats-Unis et en Europe. «Le ralentissement chinois a été significatif cette année, et certains craignent qu’il continue à s’accélérer», indique le rapport de la Banque mondiale.

Pourtant, la Banque mondiale estime que les risques d’un ralentissement brutal de l’économie «restent faibles», et table même sur un rebond de la croissance à 8,1% pour 2013. «Les mesures prises cette année en matière monétaire commencent à produire leurs effets sur le crédit et le tout dernier indice PMI laisse entrevoir une certaine reprise de l'activité», souligne-t-elle.

L'indice PMI officiel pour le secteur manufacturier a rebondi le mois dernier à 49,8, juste sous le seuil d’expansion, et l’indice des services publié hier par HSBC à 54,3 points, son plus haut niveau depuis mai dernier. «Cela devrait marquer une amélioration progressive des conditions de consommation intérieure grâce aux mesures d’assouplissement» estime Hongbin Qu, chef économiste chez HSBC.

D’autant que l’accélération des projets d’investissement devrait porter ses fruits. Même si la Banque mondiale ne croit pas à un plan de relance de grande ampleur, HSBC prévoit de mesures ciblées telles que des baisses d’impôts, des dépenses en infrastructures et une accélération de la construction de logements sociaux pour soutenir la croissance.

Le ralentissement chinois devrait entraîner dans son sillage les autres pays de l'Asie et du Pacifique (hors Japon, Inde et Australie), dont la croissance devrait plafonner à 7,2% cette année, après 8,2% l'an dernier. «Avec la baisse de la demande extérieure et le reflux des pressions inflationnistes, il existe des marges de manœuvre pour assouplir les politiques dans la plupart des pays, et en cas de crise extérieure majeure, assez de marges de manœuvre budgétaires pour relancer l’économie» indique l'institution.

A lire aussi