Paris et Berlin toujours très éloignés à dix jours du conseil européen

le 09/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les conditions de mutualisation des pertes du secteur bancaire espagnol ont cristalisé les différences entre France et Allemagne hier à Luxembourg

Illustration: Thinkstock

Les différends entre Paris et Berlin sur le chemin à suivre pour consolider la zone euro, patents lors de la réunion des ministres des finances de la zone euro lundi soir à Luxembourg, laissent présager une réunion tendue entre les chefs d’Etat et de gouvernement la semaine prochaine. Positions françaises et allemandes restent d’abord sur les conditions de la mutualisation des pertes du secteur bancaire espagnol via le Mécanisme européen de stabilité. Pierre Moscovici a mis en cause la bonne foi de ses homologues allemand, finlandais et néerlandais qui, dans un récent communiqué, entendent soustraire les pertes sur les actifs dont la dépréciation découle de la crise, du périmètre de la mutualisation. Compte tenu des conclusions du Conseil européen de juin, «un malentendu n’est pas possible», a expliqué le ministre français. «Le changement est toujours possible mais le malentendu non, si on est de bonne foi», a-t-il dit.

Ce désaccord laisse planer un doute sur le calendrier de la recapitalisation du secteur bancaire qui devrait commencer fin novembre. En pratique toutefois, le Mécanisme européen de stabilité «est prêt à fournir un financement au FROB», le fonds public chargé de la recapitalisation, selon son directeur général Klaus Regling. Un autre différend éloigne Paris de Berlin sur le champ et le calendrier d’une supervision bancaire centralisée, dont dépend aussi la recapitalisation des banques espagnoles.

Les deux capitales restent enfin éloignées quant à la manière d’aborder les réformes institutionnelles de la zone euro. Berlin veut resserrer encore l’étau en matière de réformes structurelles et de surveillance conjointe des politiques économiques, quand Pierre Moscovici appelle «à ne pas raisonner seulement en termes d’institutions déconnectées de la réalité mais que chaque pas soit accompagné de progrès effectifs pour les peuples». Paris veut maintenir sur l’agenda l’idée d’«émission de dettes communes». Jean-Claude Juncker, le président de l’eurogroupe, a admis que des «nuances» étaient remontées jusqu’à lui.

Par ailleurs, les ministres devraient pouvoir constater ce mardi la possibilité de relancer la préparation d’une taxe sur les transactions financières si, comme on s’y attend, le ministre des finances italien Vittorio Grilli ajoute sa signature à celle des huit autres pays déjà volontaires.

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