Le FMI appelle à freiner l'ajustement budgétaire dans les pays vulnérables

le 09/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales, le Fonds prévoit une aggravation de la récession en zone euro de 0,4% cette année

La crise dans la zone euro reste la plus claire menace sur les perspectives mondiales». Tel est le constat sans appel dressé par le FMI dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales. La récession en zone euro devrait atteindre 0,4% contre -0,3% attendu en juillet, et le retour à la croissance l’année prochaine sera limité à 0,2%, soit 0,5 point de moins que ses précédentes estimations. L'économie italienne devrait se contracter de 2,3% cette année et de 0,7% l'année prochaine, l’économie espagnole de 1,5% et 1,3%. La récession en Grèce devrait encore atteindre 6% cette année et 4% l’année prochaine.

«Les besoins de refinancement de la dette publique sont encore énormes et exposent les pays aux aléas des marchés financiers» estime qui le FMI qui exhorte à poursuivre l'assainissement des finances publiques. Et de se féliciter du fait que «pour près de la moitié des pays couverts, les déficits devraient s'établir l'an prochain à des niveaux inférieurs ou égaux à ceux d'avant la crise».

Mais «la crise de la zone euro s'est aggravée en dépit des décisions politiques visant à la résoudre» constate l’institution qui remet en cause l’efficacité des politiques d’austérité dans les pays les plus vulnérables. «Les mesures axées sur les dépenses et les recettes ont une forte incidence sur l'emploi et l'équité sociale, qu'il faudrait prendre en compte pour pérenniser les vastes efforts de rééquilibrage en cours» indique le rapport qui va jusqu’à appeler à «freiner l'ajustement prévu en 2013 et au-delà» pour les pays dont la croissance «chute nettement en deçà des projections actuelles».

En outre, le Fonds estime que le reflux de l’inflation de 2,3% cette année à 1,6% en 2013 donne des marges de manœuvre à la BCE pour baisser ses taux directeurs. D’autant que les indicateurs «restent dans le rouge, ce qui suggère que la faiblesse se répand de la périphérie vers l'ensemble de la zone euro», touchant tous les pays, y compris l'Allemagne. La croissance allemande devrait stagner à 0,9% en 2012 et 2013. En France, elle devrait être atone à 0,1% cette année et 0,4% en 2013.

Et l’Europe ne peut plus compter sur le soutien de la croissance extérieure. Le FMI table sur une croissance mondiale à 3,3% cette année et 3,6% en 2013. Et de s’inquiéter du «fiscal cliff» aux Etats-Unis, qui, en cas de non accord au Congrès pour prolonger ou remplacer les exemptions fiscales accordées par l'administration Bush, aura un effet négatif estimé à 3 points de PIB.

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