«Nous n'anticipons pas de baisse des taux de la BCE d'ici la fin de l'année»

le 08/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Etienne de Marsac, responsable des taux chez EdRIM

- L’Agefi : La BCE a maintenu son taux de refinancement à 0,75%. Quelles sont vos anticipations pour la fin de l’année?

- Etienne de Marsac : Au regard de l’Eonia anticipé pour décembre qui se situe autour de 7 pb, tout comme l’Eonia actuel, nous n’anticipons plus de baisse de taux supplémentaire d’ici à la fin de l’année. Depuis juillet, la BCE met l’accent sur sa politique non conventionnelle en faisant le constat que le canal de transmission de sa politique monétaire est rompu. En effet, la dernière détente des taux directeurs du 4 juillet n’a pas eu les effets escomptés soit en termes d’amélioration des conditions de crédit en zone euro, soit sur le niveau des taux courts des pays «périphériques». Pourquoi baisser alors ses taux davantage quand le financement généré disparait, ou part alimenter des bulles dans la sphère financière ?

- Comment voyez-vous évoluer les taux français à court et moyen terme au vu du budget pour 2013 ?

- Les taux notamment court terme de la France sont actuellement soutenus par une notation AAA et les tensions liées aux périphériques européens: les taux sont négatifs sur des échéances allant jusqu’à mi-2013. Les rendements actuels soutenus par un budget visant le respect du déficit de 3% du PIB en 2013, ne reflètent plus les fondamentaux. L’austérité des budgets français et européens devrait peser fortement sur les prévisions de croissance. Selon notre modèle établissant une notation des pays de la zone euro reposant notamment sur les données d’endettement gouvernemental et privé, de déficit public, de besoin de financement du souverain pour 2013, les taux d’emprunt à 5 ans de la France devraient converger à moyen terme vers 1% contre 0,93% aujourd’hui.

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