L’Espagne à nouveau au centre des discussions entre ministres des Finances

le 08/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Récession oblige, l’Eurogroupe doit revoir les programmes portugais et grec, sans que les conditions d’une intervention du MES et de la BCE ne soient réunies

Luis de Guindos, Ministre de l'Economie Espagnol. Photo: Bloomberg News

Le ministre des Finances espagnol Luis de Guindos espère recevoir un satisfecit de ses pairs sur le nouveau programme d’économie préparé pendant l’été, lors de l’Eurogroupe qui se réunit lundi à Luxembourg. «L’Eurogroupe va écouter et voir si cela correspond aux recommandations», a déclaré vendredi une source européenne, tout en ajoutant que «les mesures vont dans la bonne direction».

L’aval des ministres des Dix-Sept est une condition nécessaire mais pas suffisante pour déclencher une intervention européenne sur le marché de la dette souveraine par le biais soit du Mécanisme européen de stabilité soit du programme d’opérations monétaires sur titres (OMT) annoncé en septembre par la BCE. Son président Mario Draghi a fait savoir qu’il n’agirait pas sans un consensus entre ministres sur la nécessité d’intervenir. Mais le gouvernement à Madrid se refuse toujours à solliciter une intervention en dépit des appels du pied de ses pairs et de la Commission européenne.

La recapitalisation du secteur patine elle aussi même si les conclusions du consultant Oliver Wyman, dont les ministres prendront connaissance, laisse prévoir des besoins de financement par les fonds européens «très en dessous des 60 milliards» prévus en juillet. Les modalités de recapitalisation directe des banques espagnoles par le Mécanisme européen de stabilité, particulièrement la reprise des actifs passés reste une pomme de discorde.

De son côté, le Portugal, où les manifestations ont amené le gouvernement à revoir de fond en comble son programme de retour à l’équilibre budgétaire, devrait obtenir un répit. La récession a fait surgir des doutes sur la capacité du pays à revenir sous les 4,5% de déficit en 2013 et sous les 3% en 2014, comme prévu dans le programme de 78 milliards d’euros qui prendra fin mi-2014. Les ministres devraient donc prendre acte que l’objectif de 3% est repoussé d’un an.

Le dossier grec sera, lui, prudemment mis de côté en attendant les conclusions de la nouvelle mission de la troïka (CE, BCE, FMI) attendues pour la deuxième quinzaine d’octobre. Rien n’est réglé, ni sur le paquet de mesures nécessaires pour remettre le pays sur une trajectoire solvable, en dépit des propositions présentées par le gouvernement Samaras, ni sur le financement de l’aide, le glissement du calendrier augmentant automatiquement la charge pour les bailleurs du pays.

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