«Le high yield bénéficie d’un appétit féroce d’investisseurs en quête de rendement»

le 08/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Philippe Berthelot, directeur de la gestion crédit chez Natixis AM

- L’Agefi: Comment voyez-vous évoluer le marché de la dette high yield ?

- Philippe Berthelot : De nombreux facteurs soutiennent la classe d’actifs : un portage généreux, unique dans l’univers obligataire, proche de 7,5% dans un environnement de taux durablement bas. Outre les injections massives de liquidités par les banques centrales, le high yield bénéficie d’un appétit féroce d’investisseurs en quête de rendement, avec +26% de flux sur les fonds ouverts sur 1 an. Du côté de l’offre, le marché croît grâce à la substitution du financement bancaire («loan») en faveur du financement obligataire et grâce aussi aux agences de notation : la quasi-intégralité de la dette bancaire perpétuelle est dorénavant high yield en raison des multiples dégradations.

Quant aux défauts, notre modèle interne anticipe un taux proche de 3% dans les 12 prochains mois, en ligne avec Moody’s, très en deçà de la moyenne historique. Tout semble positif sauf une interrogation majeure concernant l’Espagne en tant que potentiel futur «ange déchu». Les crédits espagnols seraient touchés : la dette de Telefonica représenterait à elle seule le quart du marché européen du high yield.

- Quelle est votre stratégie?

- Nous conservons un biais positif en directionnel (resserrement des spreads), privilégiant les BB et B, les secteurs à génération régulière de cash-flows (câble, voire médias) au détriment de la chimie qui nous semble trop cyclique. Nous sommes surpondérés sur les corporates défensifs de la zone périphérique et avons récemment neutralisé notre exposition sur les subordonnées financières des pays jugés comme étant les plus solides (core) de la zone euro.

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