Les entreprises japonaises sont victimes du conflit territorial avec la Chine

le 19/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Certaines sociétés nippones ont préféré fermer leurs points de vente ou usines en Chine à cause des manifestations nationalistes

L’indice Nikkei 225 gagnait 0,2% à 9.141,78 points ce matin à la mi-séance après l'annonce de la BoJ (lire page 25) alors que plusieurs entreprises japonaises ont été touchées quelques heures avant par les manifestations de Chinois «contrariés» par la mainmise nippone sur les îles Senkaku (en japonais) ou Diayu (en mandarin).

Selon Bloomberg, l’entreprise Fast Retailing a fermé 42 de ses boutiques de vêtements Uniqlo en Chine, son second marché en termes de point de ventes. Le titre de l’entreprise enregistrait la plus forte baisse à la Bourse de Tokyo à -6,97% hier après-midi. Aeon, qui gère entre autres des centres commerciaux, a fermé 30 de ses 35 magasins dans les provinces de Guangdong et Shandong et a vu son cours baisser de 2,79%. Nissan a stoppé la production dans deux de ses unités de production lundi et mardi et perdait 5% en Bourse à 701 yens, Toyota qui ne cédait que 0,62% a aussi fermé des usines. Mazda, Suzuki et Sony ont annoncé qu’ils comptaient rouvrir leurs propres sites de production aujourd’hui. Honda, Mistubishi, Canon et Hitachi qui ont aussi baissé leurs rideaux n’ont pas communiqué sur la date à laquelle ils les relèveraient.

Les tensions entre le Japon et la Chine se sont prolongées hier à l’occasion de l’anniversaire de l’invasion de la Mandchourie par les troupes japonaises, le 18 septembre 1931 et alors que des activistes japonais ont mis le pied dans l'archipel que se disputent les deux pays. Elles avaient resurgi mi-septembre lorsque le gouvernement japonais a approuvé, au grand dam de Pékin, le rachat à un propriétaire privé des îles pour 2,05 milliards de yens (26 millions de dollars).

Des Chinois ont protesté devant l’ambassade du Japon à Pékin et appelé au boycott des produits nippons. Plusieurs manifestations de même type se sont déroulées dans les provinces chinoises au cours des derniers jours. Les manifestants se sont dans certains cas attaqués aux distributeurs japonais, comme Panasonic, qui a fait les frais d’un incendie.

En 2011, la Chine a été le premier marché d’exportation pour le Japon. Après avoir connu une croissance en recul de 0,7% en 2011, l'Archipel devrait voir son PIB croître de 2,4% en 2012 et 1,5% en 2013, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international. Le Japon était lui-même le quatrième marché d’exportation de la Chine l’année dernière. La Bourse de Shanghai semble avoir aussi pâti de ces manifestations: elle perdait plus de 3% à 2.059 points hier après-midi.

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