Les banques sauvées par les Etats ne se montrent pas plus prudentes

le 17/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Une étude de la BRI indique qu'elles ont eu tendance à distribuer relativement plus de prêts syndiqués à effet de levier après leur remise à flot

Les banques qui ont bénéficié d’une aide de leur Etat lors de la crise ne se sont pas montrées plus prudentes dans leur allocation de prêts après leur sauvetage, bien au contraire. C’est ce que tend à montrer une étude publiée aujourd’hui par la Banque des règlements internationaux dans son rapport trimestriel.

Les auteurs de l’étude, Michael Brei et Blaise Gadanecz, se sont penchés sur les crédits syndiqués accordés par un panel de 87 grandes banques internationales et originaires de 14 grandes économies. Parmi ces banques, 40 ont bénéficié d’une recapitalisation par l’Etat entre le troisième trimestre 2008 et le second trimestre 2010.

D’après les auteurs, «les banques qui ont été sauvées n’ont pas réduit les risques liés à leurs nouveaux prêts syndiqués par rapport aux établissements qui n’ont pas été sauvés. En fait, le risque de leurs prêts a augmenté relativement.» Les banques qui n’ont pas eu besoin de l’argent du contribuable ont réduit leur part de prêts syndiqués à effet de levier de 33% à 25% des nouveaux crédits syndiqués accordés. Au contraire, les établissements aidés ont vu cette part passer de 39% à 42%.

Les banques sauvées ont aussi eu tendance à augmenter la maturité moyenne de leurs nouveaux prêts avec des spreads par rapport au Libor plus élevés de 23 points de base en moyenne. «Ces résultats semblent montrer que les banques qui ont été sauvées ont potentiellement eu un comportement plus détaché par rapport au risque», avancent prudemment les économistes.

Ils se sont aussi intéressés au comportement des établissements financiers avant les plans de sauvetage. Sans surprise, les banques qui ont été sauvées sont aussi celles qui prenaient le plus de risques. Les prêts à effet de levier représentaient 39% de leurs crédits syndiqués accordés contre 33% pour les autres établissements. Et les acteurs qui avaient bénéficié des prêts des banques sauvées ont été plus dégradés que ceux qui comptaient sur les établissements «sains».

Les auteurs reconnaissent que leur analyse n’est basée que sur les prêts syndiqués qui ne représentent que 18% des prêts accordés par les banques en question et que ce critère ne peut pas caractériser totalement le profil de risque d’un établissement. En tout cas, l’absence apparente de réduction des risques de la part de ces banques plaide pour «davantage d’étude d’impact de ces opérations de sauvetage».

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