L’économie japonaise glisse sur les pentes savonneuses de la récession

le 11/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le PIB n'a finalement crû que de 0,7% au deuxième trimestre, soit la moitié de l’estimation initiale. Et la relance budgétaire est au point mort

L’activité japonaise marque le pas. Le PIB japonais n’a finalement crû que de 0,7% en rythme annuel sur le trimestre allant d’avril à fin juin, soit la moitié de l’estimation initiale de 1,4%. Le consensus Bloomberg anticipait une révision à la baisse plus modérée à 1%. Un coup d’arrêt par rapport aux 5,3% de croissance enregistrés au premier trimestre, dopés par les dépenses de reconstruction suite au séisme du 17 mars 2011. En cause: la contribution négative des stocks privés de 0,2%, alors qu’elle avait initialement été annoncée nulle, et la consommation privée, qui pèse à hauteur de 60% dans le PIB nippon, en retrait de 0,1%, contre une première estimation nulle. «Le soutien venant de la demande liée à la reconstruction n'a pas été aussi important que ce que nous attendions», explique en outre Yuichi Kodama, chef économiste chez Meiji Yasuda Life Insurance.

Et les derniers chiffres confirment cette tendance. La chute des exportations de 7,4% sur un an a contribué à élargir le déficit extérieur à 373,6 milliards de yens (3,7 milliards d’euros) et à faire chuter de 40% l’excédent des comptes courants à 625,4 milliards en juillet. Si le consensus Bloomberg table sur une croissance de 1% sur le trimestre en cours, Credit Suisse prévoit une contraction de l’activité du fait notamment «des pressions à la baisse provenant de la demande externe». Selon Deutsche Bank, la baisse sur les quatre derniers mois de l’indicateur avancé d’activité est un signe fiable d’entrée en récession.

D’autant que le gouvernement a repoussé 5.000 milliards de yens de relance budgétés pour les trois prochains mois. L’incertitude concernant l’éventuelle tenue d’élections anticipées a bloqué l’émission de billets de trésorerie destinée à financer environ 40% du budget de 92.000 milliards pour l’année fiscale qui s’achève fin mars 2013, alors que le déficit devrait atteindre 10% du PIB. Ce revers dans le programme de relance représente «une autre mauvaise nouvelle pour l’affaiblissement de la reprise au Japon», selon Daiwa Capital Markets.

Dans ce contexte, les yeux seront rivés sur la BoJ qui se réunit les 17 et 18 septembre. La semaine dernière, son gouverneur, Masaaki Shirakawa, avait indiqué que l’autorité monétaire se penchait «de manière plus attentive sur les impacts négatifs de la hausse du yen sur l’économie». Le yen a gagné 7% depuis mi-mars contre dollar.

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