Le gouvernement risque de devoir prendre d'autres mesures d'austérité

le 11/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Des économistes jugent que la croissance en 2013 sera inférieure à l'hypothèse de 0,8% de l'exécutif, remettant en cause l'objectif des 3% de déficit

Les économistes ont accueilli les annonces de François Hollande à la télévision dimanche soir avec prudence. Le président de la République a confirmé qu’il ramènerait le déficit de 4,5% fin 2012 à 3% en 2013. Comme attendu, il a abaissé l’hypothèse de croissance pour l’année prochaine de 1,2% actuellement à moins de 1%, «sans doute à 0,8%».

C'est le niveau sur lequel tablent les économistes sondés par Bloomberg (médiane) et le scénario du Fonds monétaire international mais il date de juillet dernier. La Banque de France prévoit un recul du PIB de 0,1% au troisième trimestre. «Compte tenu de l'ajustement budgétaire en cours et d'un acquis de croissance début 2013 très probablement proche de zéro, il est difficile de prévoir une croissance au-delà de 0,5%», assure Fabrice Montagné, chez Barclays. Il considère que les 30 milliards d’euros d’efforts prévus seront sans doute insuffisants. Les analystes de Société Générale CIB jugent même que la croissance sera nulle en 2013. Si c’est confirmé, le gouvernement devra trouver 9 milliards d’euros (0,4% du PIB) supplémentaires, ou abandonner l'objectif des 3% de déficit.

Un tiers des 30 milliards d’euros à dégager le sera par un gel de la dépense publique. Les entreprises, notamment les plus grandes, subiront 10 milliards d’euros d’augmentation d’impôts. A priori, le taux de l’impôt sur les sociétés ne bougera pas, mais le gouvernement réduira la déductibilité des intérêts de l’emprunt et compte faire la distinction entre les bénéfices ré-investis et ceux qui sont distribués. François Hollande souhaite enfin lever 10 milliards d’euros en revoyant la fiscalité des ménages (impôt sur le revenu plus progressif, augmentation de la fiscalité du capital, etc).

«Dans un premier temps, le gouvernement semble avoir choisi de redresser les finances publiques et d’augmenter les revenus plus qu’il ne va baisser les dépenses. Plus l'activité ralentit, plus l’ajustement fiscal se fera au détriment de la croissance», réagit Fabrice Montagné.

Pour Michel Martinez économiste chez SG CIB, «atteindre les objectifs budgétaires sera difficile mais ce qui est plus préoccupant c’est de savoir si M. Hollande va mettre en œuvre les réformes structurelles nécessaires pour assurer la croissance future et rassurer l’Allemagne». Le président a demandé aux partenaires sociaux de s’emparer de la réforme du travail car il veut s'attaquer au coût du travail dès la fin de l'année.

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