La dette senior non sécurisée des banques périphériques revient en grâce

le 11/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les annonces de la BCE profitent à plein aux banques espagnoles et italiennes qui retrouvent le chemin des marchés à l'image de Santander

Portées par les annonces récentes de la Banque centrale européenne (BCE), les émissions obligataires corporates dans les pays périphériques de la zone euro sont reparties sur les chapeaux de roue, notamment pour la dette bancaire senior non sécurisée. Santander a ainsi émis vendredi pour 2,5 milliards d'euros de dette senior non sécurisée à échéance mars 2016 à un spread de 390 pb. L’établissement boucle ainsi la deuxième opération du même type en l’espace de 3 semaines. Le 21 août dernier, il avait en effet ouvert la voie à ses compatriotes en devenant la première banque de la péninsule à lever de la dette non sécurisée depuis mars. L’établissement avait alors placé pour 2 milliards d’euros d’obligations non garanties à maturité 2 ans.

Hier aussi BBVA a emboîté le pas en émettant pour 1,5 milliard d’euros d’obligations sur 3 ans. L'italienne Intesa Sanpaolo a quant à elle placé pour 1,25 milliard de dette à échance 4 ans. Dans les deux cas, le papier s'est placé à un spread resserré par rapport à la marge initiale.

«Le début de la semaine connaît un véritable rush sur le marché de l’activité primaire après l’engagement de la BCE à soutenir les dettes souveraines périphériques pris la semaine dernière. En particulier, les émetteurs espagnols profitent d’une fenêtre d’opportunité offerte par le filet de sécurité des achats de dette souveraine, avec des émissions aussi bien du côté des financières que des corporates non financières», explique Maureen Schuller, stratégiste chez ING dans une note publiée hier.

La BCE a rassuré les investisseurs avec son projet de rachat de dette souveraine sur le marché secondaire de manière illimitée. «Ces annonces constituent une bonne nouvelle pour les emprunts d’Etat et des crédits issus des périphériques. Or, les dettes des banques et corporates domiciliées en Espagne et en Italie n’ont bénéficié que d’une partie du mouvement de resserrement observé sur les dettes souveraines, à l’image des dettes seniors bancaires de BBVA et de Santander (…) Ces dettes seniors sont aujourd’hui très attractives», soulignent de leur côté Thibaut Cuillière et Badr El Moutawakil chez Natixis.

Sur le segment des entreprises, les dettes récemment émises par Telefonica, Iberdrola, ou encore Gas Natural ont elles aussi «insuffisamment bénéficié du rally observé sur la dette souveraine», ajoutent les analystes, laissant entendre que la tendance devrait se poursuivre.

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